Image d’illustration ©JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les États-Unis renvoient une petite fille de 4 ans seule au Guatemala

Prévenu au dernier moment, son père n’a pas pu venir récupérer sa fille à l’aéroport.

Image d’illustration © JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La semaine dernière, une fillette de 4 ans a été renvoyée au Guatemala pour retrouver sa famille. Cela faisait 6 mois qu’elle n’avait pas vu son père, dont elle avait été séparée par la police aux frontières américaine en avril dernier.

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Selon plusieurs associations qui suivaient le dossier, l’agence de contrôle des frontières (ICE, en anglais) qui organisait le rapatriement de la petite fille n’a jugé bon d’informer son père qu’une heure à peine avant l’atterrissage de l’appareil, comme le rapporte CNN.

Or, ce dernier habite à 8 heures de route de l’aéroport de Guatemala City. Il n’y avait donc personne pour accueillir la fillette à son arrivée, qui a dû passer la nuit seule dans un centre d’hébergement.

Cet incident, dont la presse américaine s’est fait écho, illustre la gestion catastrophique de la situation à la frontière mexicaine. En mai dernier, Washington s’était attiré les foudres du monde entier en séparant des enfants de leurs parents sans-papiers pour les enfermer dans des camps.

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Fin juin, un juge fédéral avait finalement ordonné à l’administration Trump d’organiser la réunification de ces familles. Près de 2 000 enfants étaient concernés. Mais la mésaventure de cette petite fille montre que le processus ne se passe pas toujours dans le respect du droit des enfants.

Les associations s’inquiètent

Sur place, les associations se disent préoccupées par la façon dont l’agence de contrôle des frontières américaines organise les retours, comme le raconte CNN. Elles souhaitent attirer l’attention des autorités sur le manque de communication entre l’ICE et les organisations non gouvernementales qui travaillent en Amérique centrale.

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À l’inverse, un avocat de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) interrogé par le site d’informations affirme que les transferts organisés par les services sociaux se déroulent sans heurts. De son côté, l’ICE estime que ces incidents restent très marginaux.

Réunir toutes ces familles est loin d’être simple, en particulier quand les parents ont déjà été expulsés, comme dans le cas de cette famille guatémaltèque. Les associations doivent d’abord retrouver les parents avant de s’assurer qu’ils souhaitent qu’on leur restitue leurs enfants. Selon CNN, certains parents préfèrent qu’ils restent aux États-Unis afin de leur garantir un avenir meilleur.

Selon un rapport daté du 27 septembre, sur les 219 enfants en détention aux États-Unis, dont les parents ont été expulsés, 32 ont déjà retrouvé leur famille, et le retour de 27 autres est imminent.

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Par Clothilde Bru, publié le 15/10/2018

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