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Et si chaque Français avait un quota carbone pour limiter ses voyages en avion ?

Publié le

par Lila Blumberg

© JACQUES DEMARTHON / AFP

C'est ce que proposent les députés François Ruffin et Delphine Batho.

Les députés François Ruffin (LFI) et Delphine Batho (Écologie Démocratie, Solidarité) ont présenté mardi une proposition de loi qui entend instaurer un "quota carbone" par individu pour limiter les voyages en avion et ainsi lutter contre la pollution du transport aérien.

La France doit agir pour atteindre la neutralité carbone en 2050

Il y a un an, les deux députés avaient déjà déposé une proposition de loi visant le secteur aérien. Ils proposaient d’interdire certains vols domestiques peu compétitifs par rapport au train. Une idée aujourd’hui reprise par le gouvernement…

"À l’époque, on nous avait traités de fous, d’extrémistes, d’écolos radicaux", se souvient François Ruffin qui entend, avec sa nouvelle proposition de loi déposée mardi sur le bureau de l’Assemblée, "poser un principe pour l’avenir".

"L’objectif est de mettre en place un système de quota carbone individuel pour l’usage de l’avion (les déplacements professionnels ne sont pas concernés). Ce quota serait le même pour chacun. Cela limiterait la possibilité de prendre l’avion pour ceux qui le prennent beaucoup trop, chacun aura la possibilité d’accumuler des points carbone dans le temps pour pouvoir faire un voyage de temps en temps", a expliqué Delphine Batho.

Pour l’ancienne ministre de l’Écologie, laisser doubler, dans le monde, "le nombre de passagers aériens tous les dix ans, ce n’est juste pas possible par rapport à l’accélération du changement climatique, quand on dépasse les 45° en Sibérie." "Il n’y a aucun avion vert en vue et aucun salut à attendre non plus du côté de l’électricité", écrivent les députés pour qui la perspective des agrocarburants ne vise qu’à compenser la hausse des émissions du secteur aérien entre 2020 et 2035.

 

Les quotas au service d’une justice sociale et climatique

La proposition de loi prévoit toutefois des exceptions aux quotas pour la continuité territoriale avec la Corse et les Outre-mer, les rapprochements familiaux, des impératifs de santé et tout ce qui concerne le respect de la dignité des personnes.

"Cela fait des années que je pense qu’il faut passer d’une logique de taxes à une logique de quotas, de plafond", explique François Ruffin pour qui il s’agit de "conjuguer justice sociale et justice climatique".

"On sait que les 10 % les plus riches paient quatre fois moins de taxes carbone que les 10 % les plus pauvres, alors qu’ils émettent huit fois plus de CO2", a-t-il indiqué se demandant en quoi "le fait d’être riche et de pouvoir payer pourrait justifier de polluer l’air des autres".

Konbini news avec AFP

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