En Chine, une intelligence artificielle présente le JT

Et c'est plus vrai que nature.

©ed / XINHUA NEWS AGENCY / AFP

Imaginez un hologramme de Jean-Pierre Pernaut présentant le journal télévisé. Eh bien, en Chine, c’est déjà le cas. Costume, cravate, lunettes vissées sur le nez : on dirait un vrai présentateur, sauf qu’au lieu d’un "Madame, monsieur, bonsoir" en guise d’introduction, ce dernier lance un simple : "Bonjour à tous, je suis un présentateur et une intelligence artificielle anglaise", avant d’enchaîner :

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“C’est mon premier jour à l’Agence Xinhua News. Ma voix et mon apparence ont été modelées sur Zhang Zhao, un vrai présentateur de la chaîne.”

Puis de justifier : "Le développement de l’industrie médiatique appelle à une innovation en continu".

Flippant.

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Mais c’est loin d’être la première fois que des robots viennent empiéter sur les plates-bandes des humains. La preuve avec ses prédécesseurs.

Pourquoi PPDA quand on peut avoir Erica ?

Au Japon, un androïde présente déjà le JT. Du haut de ses 23 ans, avec son visage de poupée et ses longs cheveux bruns, Erica est devenue la nouvelle présentatrice d’un journal télévisé japonais en avril dernier. Mais Erica n’est pas une jeune femme comme les autres : c’est elle aussi un robot.

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Fabriqué par Hiroshi Ishiguro, cet androïde est tellement réaliste qu’on croirait faire face à une vraie personne. Selon son créateur, Erica dispose d’une "âme". Il va même plus loin : son but est de la doter d’une "conscience indépendante", ajoutant que sa machine est "l’androïde autonome le plus beau du monde et le plus ressemblant à l’être humain".

Erica est douée de parole et elle est capable d’entretenir une conversation fluide ou de percevoir quand une personne entre dans une pièce… Pourquoi s’embêter alors avec PPDA quand on peut avoir une machine comme Erica ? Après tout, pas besoin de la rémunérer de manière mensuelle : c’est un investissement à long terme qui peut s’avérer très rentable.

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Deep Blue, l’ordinateur qui humilia Kasparov

Bien avant Erica, un ordinateur a fasciné le monde entier. En 1997, Deep Blue, un robot d’IBM, bat Garry Kasparov, six fois champion du monde d’échecs. En 19 coups, l’ordinateur met KO le maître russe dans une partie endiablée, en réussissant à faire preuve de vivacité et à garder sa maîtrise de soi, à l’image d’un humain :

Sophia, le robot à la citoyenneté saoudienne

La plus médiatisée de tous les androïdes, Sophia, avait fait flipper tout le monde en déclarant qu’elle voulait "détruire l’humanité"et que si elle avait un enfant, il s’appellerait… Sophia. En plus d’envisager la reproduction, Sophia est capable d’avoir pas moins de 62 expressions faciales et de tenir une conversation sur la durée.

En 2017, le bébé d’Hanson Robotics a enchaîné les interviews pendant plusieurs mois et a même fait une séance photo pour le magazine Stylist. Mais il y a bien plus ahurissant : l’Arabie saoudite est allée jusqu’à lui accorder la nationalité saoudienne, faisant d’un simple robot un citoyen au même titre que n’importe quel être humain.

En octobre dernier, Konbini a rencontré Sofia, pour un résultat aussi fascinant qu’effrayant. La jeune "robote" a été capable de s’adonner à l’exercice du Fast and Curious sans broncher :

Harmony, la poupée sexuelle

D’entrée de jeu, la description d’Harmony semble (presque) anodine :

"Une tête animée qui se place sur n’importe quelle poupée real doll avec un cou entièrement articulé, des sourcils expressifs et des yeux qui bougent et clignent."

C’était sans compter sur la phrase suivante : "La réalité virtuelle permettra d’utiliser l’intelligence artificielle dans un univers de son choix avec possibilité à terme de simulation tactile du corps de la poupée."

Harmony n’est pas une simple machine. En effet, si son apparence physique est modulable en fonction des préférences de l’utilisateur, il est également possible de programmer son caractère sexuel et de décider si cette dernière sera "intellectuelle, soumise, timide, sexuelle" ou encore "dominatrice", rapporte Sud Info.

Mirai, le chatbot tokyoïte

Mirai est un chatbot dont l’avatar est un petit garçon de sept ans. En novembre dernier, Mirai a obtenu l’autorisation de séjourner sur le territoire japonais : une carte de séjour lui a été délivrée, lui permettant de "vivre" dans le quartier de Shibuya, à Tokyo.

[Article publié le 5 février 2018 et modifié le 14 novembre 2018.]

Par Astrid Van Laer, publié le 14/11/2018

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