JOUY-EN-JOSAS, FRANCE – AUGUST 31: French politician Eric Woerth addresses the press after listening to former French President Nicolas Sarkozy addressing hundreds of political supporters during the Medef summer University conference on August 31, 2016 in Jouy-en-Josas, France. The Medef summer University conference is a yearly conference in which political supporters have the possibility to attend speeches and can ask questions to their political leaders or major companies CEO. (Photo by Aurelien Meunier/Getty Images)

Éric Woerth mis en examen pour "complicité de financement illégal de la campagne" de Nicolas Sarkozy

L’étau se resserre autour de l’entourage de l’ancien président de la République.

Éric Woerth en 2016. (© Aurélien Meunier/Getty Images)

Publicité

Éric Woerth a été mis en examen mardi 29 mai pour "complicité de financement illégal de campagne" dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a annoncé à l’AFP son avocat.

La mise en examen de l’ancien trésorier de la campagne et actuel président (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale découle d’investigations de la police anticorruption qui avait souligné, dans un rapport de septembre 2017, l'"ampleur de la circulation d’espèces" dans l’entourage du candidat de la droite en 2007, mis en examen en mars dans ce dossier.

"Cette mise en cause se fonde sur l’identification de sommes en espèces, très faibles pour ne pas dire dérisoires au regard du coût d’une campagne présidentielle", a commenté Me Jean-Yves Leborgne dans un communiqué à l’AFP.

Publicité

Selon l’avocat, les enquêteurs reprochent à Éric Woerth le versement d’environ 11 000 euros aux collaborateurs de la campagne, pendant et après l’élection. Lui-même "a estimé de mémoire, dix ans après les faits, à une trentaine de milliers d’euros les gratifications en espèces opérées après la campagne", ajoute l’avocat, en référence aux déclarations de son client devant les policiers en mai 2017.

Distribution d’enveloppes allant de 200 à 2 000 euros

Éric Woerth et son trésorier adjoint, Vincent Talvas, avaient alors assuré qu’il s’agissait de récompenser les membres de l’équipe, via des enveloppes contenant de 200 à 2 000 euros. Sur l’origine des fonds, ils ont soutenu qu’ils provenaient de dons anonymes par courrier ; une explication jugée "captieuse" (fallacieuse) par les enquêteurs et démentie par d’autres témoignages.

Cette mise en cause signifie que les juges estiment avoir fait le rapprochement avec les sommes qui, selon d’anciens dignitaires libyens et le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, auraient été remises à Nicolas Sarkozy et à son entourage au nom du colonel Kadhafi.

Publicité

En novembre 2016, Ziad Takieddine avait affirmé avoir remis, entre fin 2006 et début 2007, 5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à Claude Guéant, son directeur de cabinet à l’époque, lui aussi mis en examen dans cette affaire.

"Est-il raisonnable de rapprocher ces faits, sans aucune preuve, des millions d’euros prétendument versés par Kadhafi ?", s’interroge Me Leborgne. "Éric Woerth conteste fermement ce raisonnement et s’insurge contre la poursuite dont il fait l’objet", poursuit l’avocat.

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 29/05/2018

Copié

Pour vous :