A migrant woman holds a baby upon her arrival aboard a coast guard boat at Malaga’s harbour on September 23, 2018, after an inflatable boat carrying 117 immigrants, 34 of them women and 4 children, was rescued by the Spanish coast guard off the Spanish coast. (Photo by JORGE GUERRERO / AFP)

En Espagne, une loi sur les migrantes enceintes fait polémique

Le Parti populaire est sous le feu des critiques et tente de s'expliquer.

Une femme tient son enfant à son arrivée au port de Malaga, après que le bateau gonflable à bord duquel elle voyageait a été secouru par les garde-côtes espagnols, le 23 septembre 2018. (© Jorge Guerrero/AFP)

À l’approche des élections législatives anticipées qui se tiendront en Espagne le 28 avril prochain, le Parti populaire (PP) a évoqué une proposition de loi qui fait grandement réagir le pays.

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Cette dernière, repérée par El País et relayée en France par L’Express, ferait en sorte de retarder l’expulsion des femmes enceintes immigrées et sans papiers si celles-ci acceptent de donner leur enfant à l’adoption. Après l’accouchement, elles pourraient être expulsées.

Cette proposition permettrait de lutter contre "l’hiver démographique" que connaît le pays et interviendrait dans le cadre d’une loi autour de la maternité, que le PP espère mettre en place s’il parvient à gagner les élections en avril.

Beaucoup d’internautes ont réagi à cette annonce, la rapprochant de l’affaire des bébés volés sous Franco. La maire de Barcelone, Ada Colau, s’est également indignée dans une publication sur Twitter, dénonçant une proposition "sexiste, raciste" et "classiste" :

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"Il ne manquait plus qu’ils soient ravisseurs d’enfants. Fascistes. Chaque démocrate doit aller voter à la prochaine élection pour empêcher cette racaille d’arriver au pouvoir !"

Face aux critiques, le parti a expliqué dans un communiqué que sa proposition avait mal été comprise, arguant : "Le président du Parti populaire, Pablo Casado, a garanti la confidentialité et les mêmes droits pour les femmes enceintes qui décident de faire adopter leur enfant, qu’elles soient régularisées ou non."

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Une version appuyée par le président du PP et député Pablo Casado. Dans une prise de parole, ce dernier a qualifié de "fake news" les accusations à son encontre, nié les faits et assuré être victime d’une tentative de ses opposants politiques de jeter le discrédit sur son parti à l’approche des élections :

"Ce que propose le parti pour essayer d'éviter les cas de bébés abandonnés, c'est que les femmes immigrées sans papiers qui décident librement de donner leur enfant à l'adoption, nous devons les protéger et assurer leur confidentialité."

Par Astrid Van Laer, publié le 15/03/2019

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