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En Afrique du Sud, retour sur une semaine de violences

Publié le

par Lisa Drian

© GUILLEM SARTORIO / AFP

Au moins 117 personnes ont été tuées en une semaine.

Selon un bilan officiel, en Afrique du Sud, au moins 117 personnes ont été tuées – dont 91 au KwaZulu-Natal –, et plus de 2 000 arrêtées lors de ces six jours de violences. Les incidents ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Ils se sont étendus sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid.

Le président Cyril Ramaphosa se rendra vendredi dans la province du KwaZulu-Natal, épicentre des violences qui ont secoué son pays cette semaine, a indiqué la présidence sud-africaine. Au total, quelque 2 203 personnes ont été interpellées. La police enquête sur 12 d’entre elles soupçonnées d’être à l’origine du déchaînement de violence de ces derniers jours. À plusieurs endroits, des Sud-Africains parfois armés ont décidé de faire justice eux-mêmes contre les pillards, au risque d’aggraver les violences.

"Tensions raciales"

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Police avait confirmé qu’il y avait eu 20 morts à Phoenix, un township près de Durban (Est) où des membres de la communauté indienne s’en sont pris à des pillards présumés. Il affirmait que la situation y restait tendue. Bheki Cele avait noté la veille que des "tensions raciales ont entaché ces troubles" à Phoenix, liées à des groupes cherchant à "protéger leur quartier des pillards".

Des vidéos d’une violence inouïe circulent sur les réseaux sociaux, repérées notamment via le hashtag #PhoenixMassacre. Elles montrent des hommes d’origine indienne battre brutalement des jeunes hommes noirs à terre. Ailleurs, comme dans le township de Vosloorus, au sud de Johannesburg, d’autres se substituent aux forces de l’ordre, passant à tabac des présumés pillards avant d’en remettre certains, menottés, aux forces de l’ordre, selon une équipe de l’AFP sur place.

La ministre Khumbudzo Ntshavheni a appelé à "ne pas prendre la loi à son compte". "Certains brandissent des armes à feu, en réponse apparente aux incidents. S’ils ont le droit de protéger leur propriété, leur vie, leur quartier", ils doivent s’assurer de ne pas agir "en désaccord avec la loi".

De nombreux Sud-Africains, ne comptant que sur eux-mêmes, ont également commencé à déblayer et réparer. La présidence sud-africaine a tweeté jeudi 15 juillet ses remerciements à "ceux qui s’engagent dans les opérations de nettoyage". Dans le centre de Johannesburg, beaucoup de magasins sont fermés. Des rues restent bloquées par des barricades calcinées.

L’intervention de l’armée

L’armée va multiplier ses effectifs sur le terrain, pour stabiliser Johannesburg et pacifier les zones plus tendues, notamment les grandes villes du KwaZulu-Natal, le port de Durban et sa capitale Pietermaritzburg. La ministre de la Défense a dit vouloir déployer jusqu’à 25 000 soldats pour faire face à l’urgence.

"Les militaires c’est une bonne chose, car chez nous, les gens ont bien plus peur d’un soldat que d’un policier", explique à l’AFP Musa Mbele-Radebe, 30 ans, qui figure parmi les centaines de personnes qui déblaient le centre commercial ravagé de Jabulani ("réjouis-toi" en zoulou) à Soweto. Mais selon la société de conseil en risques Pangea-Risk, "il est peu probable que la situation sécuritaire au KwaZulu-Natal soit maîtrisée dans les jours à venir".

Konbini news avec AFP

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