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Écoles, travail, déplacements entre régions... : le point sur l'annonce du reconfinement

Publié le

par Astrid Van Laer

© Ludovic MARIN / AFP

D'après le président, la deuxième vague sera "plus dure et plus meurtrière que la première".

Après la tenue d'un conseil des ministres précédé d'un conseil de défense, Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi à 20 heures, depuis le palais de l'Élysée, pour indiquer la stratégie adoptée par le gouvernement pour lutter contre la crise sanitaire.

"Si les efforts consentis ont été utiles, la lucidité commande d'admettre que cela ne suffit pas, cela ne suffit plus", a-t-il en premier lieu déclaré, avant de poursuivre : "le virus circule à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n'avaient pas anticipées."

"Le nombre de contaminations a doublé en deux semaines", a fait savoir le chef de l'État, expliquant que "l'ensemble des régions se trouve aujourd'hui au seuil d'alerte".

"Avons-nous tout bien fait ? Non", a ensuite reconnu Emmanuel Macron, ajoutant : "nous sommes submergés par l'accélération soudaine de l'épidémie". "Nous sommes tous en Europe surpris par l'évolution de la circulation du virus", a-t-il encore dit.

"Il faut protéger notre économie"

Emmanuel Macron a annoncé une deuxième vague "plus dure et plus meurtrière que la première", prédisant "au moins 400 000 morts supplémentaires" d'ici quelques mois si rien n'était fait, arguant :

"Si nous ne donnons pas aujourd'hui un coup de frein brutal aux contaminations, nos hôpitaux seront très vite saturés, sans que nous ayons cette fois la possibilité de transférer beaucoup de patients d'une région à une autre, parce que le virus est partout."

"Contracter ce virus n'est jamais anodin, même lorsqu'on a 20 ans", a-t-il alors dit, évoquant les séquelles laissées par le virus et poursuivant : "il touche sous des formes graves toutes les générations."

"Il faut protéger notre économie", a en outre déclaré le chef de l'État, arguant : "il n'y a pas de système de santé qui tient s'il n'y pas une économie forte pour le financer".

Emmanuel Macron a ensuite balayé l'idée de laisser le virus circuler pour tenter d'atteindre une immunité collective. "Jamais la France n'adoptera cette stratégie", a-t-il dit. Confiner les seules personnes à risques ? "Une voie pas non plus à l'heure où je vous parle utilisable", a-t-il rétorqué. 

“J'ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement"

Augmenter les capacités de réanimation ? "Nous sommes en train de le faire mais ce n'est pas une bonne réponse", a-t-il assuré, la jugeant "pas suffisant[e]". “Il faut aller plus loin”, a-t-il déclaré, annonçant alors : “j’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement", précisant que “tout le territoire était concerné", avec "des adaptations" pour les territoires d'outre-mer.

Toutefois, trois différences majeures avec le confinement mis en place au printemps dernier : "les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer et les Ehpad et les maisons de retraite pourront être visités."

"C'est le retour de l'attestation", a-t-il annoncé, rappelant : "les réunions privées seront exclues et les rassemblements publics interdits". Le président a fait savoir que les déplacements entre régions seront interdits, avec néanmoins "une tolérance" pour le retour des vacances de la Toussaint.

Les bars et restaurants seront donc fermés. Une réponse économique sera apportée pour "nos petites entreprises" avec la prise en charge jusqu'à 10 000 euros par mois pour compenser la perte du chiffre d'affaire et la poursuite du chômage partiel pour les salariés ne pouvant plus travailler. "Un plan spécial sera fait pour les indépendants, commerçants et les très petites et moyennes entreprises", a-t-il dit.

Jusqu'au 1er décembre minimum

Si les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, les facultés et établissements d'enseignement supérieur devront "privilégier les cours en ligne". Le télétravail sera à nouveau préconisé "partout où cela est possible". "L'économie ne doit ni s'arrêter ni s'effondrer", a-t-il argué, ajoutant :

"L'activité continuera avec plus d'intensité, ce qui veut dire que les guichets des services publics resteront ouverts, les usines, les exploitations agricoles, les bâtiments et travaux publics continueront de fonctionner."

Par ailleurs, le président a fait savoir que les frontières intérieures à l'espace européen demeureront ouvertes. Toutefois, les frontières extérieures seront fermées. Des "tests rapides" obligatoires seront mis en place pour tout nouvel arrivant sur le territoire : "aucun voyageur ne doit pouvoir entrer sur le territoire européen sans qu'on soit certain qu'il n'est pas porteur du virus".

Les visites en maison de retraite et Ehpad seront autorisées "dans le strict respect des règles sanitaires". Quant aux cimetières, ils demeureront ouverts. "Je veux que nous puissions continuer à enterrer dignement nos proches", a-t-il assuré.

En outre, le chef de l'État a demandé aux personnes vulnérables, à risque ou âgées de plus de 70 ans "une vigilance accrue", les enjoignant de porter le masque à l'intérieur en présence d'une autre personne, "même un proche".

Ces mesures entrent en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi et courront à minima jusqu'au 1er décembre. Concernant Noël et les fêtes de fin d'année, il a laissé planer le doute, évoquant "l'espoir de [les] célébrer en famille". Enfin, Emmanuel Macron a annoncé un point sur la situation tous les quinze jours.

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