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Doggy bag, bio à la cantine et vidéosurveillance dans les abattoirs… le bilan des débats sur la loi alimentation

D’un côté les députés ont voté pour introduire 50 % de bio dans les réfectoires, mais de l’autre ils ont rejeté l’amendement visant à interdire les publicités pour des produits trop gras ou trop sucrés à destination des plus jeunes. Vous avez dit contradiction ?

Week-end agité pour les occupants de l’hémicycle, qui examinaient en première lecture le projet de loi sur l’alimentation et l’agriculture. Les débats ont été longs et agités jusqu’à dimanche soir. Il faut dire que ce projet de loi, c’est un gros morceau : 17 articles et 2 600 amendements débattus depuis le 22 mai, à l’Assemblée nationale. Voici le bilan mitigé que l’on peut tirer de ces discussions.

Les "doggy bags" obligatoires dans les restaurants

(© maxpixel)

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Parmi les mesures phares adoptées en première lecture par les députés, il y a l’obligation pour les restaurateurs de proposer des "doggy bags" à leurs clients s’ils venaient à manquer d’appétit. Ce n’est pas la première fois que des députés essaient de faire rentrer cette pratique anglo-saxonne dans les mœurs françaises. La mesure n’est pas très populaire auprès des restaurateurs, pas plus qu’auprès des clients réticents à réclamer ces "restes qui serviront à nourrir le chien".

Qu’ils se rassurent, la mesure ne sera totalement mise en place qu’en juillet 2021. Selon le site Planetoscope, la France gaspille chaque année près de "10 millions de tonnes de produits alimentaires, soit 317 kg par seconde. Sur ces 10 millions de tonnes, plus de 1,2 concerne de la nourriture encore consommable, soit près de 20 kg par Français et par an."

Plus de bio dans les cantines, mais toujours dans des assiettes en plastique

(© Paramount Pictures)

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L’autre point mis en exergue : c’est l’introduction de plus de produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines. Dès 2022, "50 % des produits proposés dans les restaurants scolaires devront tenir compte de l’environnement ou être issus de l’agriculture biologique", contre 3 % aujourd’hui, selon LCI. L’idée d’imposer des menus végétariens, notamment défendue par le ministre de l’environnement Nicolas Hulot, n’a pas été retenue.

Si les enfants auront des produits plus sains dans la bouche, l’inquiétude demeure autour des assiettes et des couverts en plastique. Plusieurs députés Insoumis et La République en marche souhaitaient faire interdire les contenants en plastique dans les réfectoires au nom du principe de précaution face aux perturbateurs endocriniens. Cet amendement a finalement été rejeté par 54 voix contre 27, comme le précise Le Figaro.

Rejet de l’interdiction des pubs pour des produits trop gras ou trop sucrés à destination des plus jeunes

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De même, les députés ont rejeté l’amendement qui voulait interdire les publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants. Dommage, pour une fois que tout le monde s’entendait.

Cet amendement qui voulait dans la lettre "interdire ou limiter les messages publicitaires en faveur des produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de 16 ans" sur "tout support de communication radiophonique, audiovisuel et électronique" étaient en effet défendus par des députés de tous bords comme le précise Le Figaro.

Expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs

Le sujet était extrêmement clivant. Un député LREM souhaitait imposer par principe des caméras de surveillance dans les abattoirs. Il s’agira finalement d’une expérimentation de deux ans dans les établissements qui se porteront volontaires, comme le rapporte Le Monde. Les sanctions pour mauvais traitements sur les animaux seront également doublées, et un délit créé pour réprimer les maltraitances commises lors de leurs transports. Enfin, les lanceurs d’alerte devraient être protégés.

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De manière plus anecdotique et sans grande surprise l’amendement chocolatine défendu par plusieurs députés Les Républicains n’a pas été retenu. Les discussions se poursuivront jusqu’au 30 mai, date à laquelle le projet de loi agriculture et alimentation doit être soumis au vote de l’Assemblée nationale.

Par Clothilde Bru, publié le 28/05/2018

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