Le cimetière juif de Bayonne, le 7 janvier 2020. © GAIZKA IROZ / AFP

Des tombes "explosées" : nouvelles dégradations dans un cimetière juif

La plaque commémorative en l'honneur d'une petite fille déportée a été brisée.

Des pierres ont été brisées et des caveaux éventrés : une dizaine de tombes du cimetière israélite de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont été dégradées au cours du week-end. Mardi, la dirigeante de la communauté juive locale a fait savoir qu’elle allait déposer plainte.

Les dégradations ont été constatées par Déborah Loupien-Suares, présidente de la communauté israélite de l’agglomération de Bayonne-Biarritz, lorsqu’elle s’est rendue dimanche après-midi sur la tombe de ses grands-parents, a-t-elle indiqué à l’AFP, confirmant une information du quotidien Sud Ouest.

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"Il y a des dégradations très importantes sur sept à dix tombes du cimetière, qui ont été 'explosées'". En plus des pierres tombales brisées et des caveaux éventrés, la plaque commémorative en l’honneur d’une petite fille déportée a été brisée, a-t-elle détaillé, exprimant son "indignation et [son] effroi".

Mme Loupien-Suares a indiqué qu’elle allait porter plainte mardi auprès du parquet de Bayonne.

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"Il n’y a pas eu de tags ou d’inscriptions antisémites donc je ne veux pas enflammer le débat, je veux que l’enquête soit menée sereinement", a-t-elle souligné. Elle a toutefois suggéré que le cimetière juif pourrait avoir été ciblé, car elle est "allée voir dans le cimetière catholique qui est situé juste en face et qui est plus facile d’accès, mais il n’y avait pas de dégradations similaires".

Le parquet a indiqué qu’une enquête de police était en cours et confirmé n’avoir "pas été avisé de tags antisémites ou d’inscriptions".

Mme Loupien-Suares a précisé qu’elle s’était rendue au cimetière le vendredi 3 janvier, et qu’aucune dégradation n’était alors à déplorer. "Elles ont forcément eu lieu entre vendredi après-midi et dimanche", estime-t-elle.

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Le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray, qui s’est rendu sur place dimanche, a dit mardi sa "stupéfaction" et "grande peine". Mais davantage qu’une "démarche idéologique", il veut "y voir un acte imbécile, inculte, qui traduit une certaine inconscience et auquel il ne faut peut-être pas donner plus de sens".

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Spitz s’est dit lundi soir "profondément choqué par ces profanations". "Nous sommes très entourés par les autorités, a indiqué Mme Loupien-Suares. Mais c’est vrai qu’on n’est pas préparés à ce genre de choses. C’est la première fois que cela arrive à Bayonne, où la communauté juive est parfaitement intégrée depuis des années."

Fin octobre, Bayonne avait été choquée par une attaque sur sa mosquée qui avait fait deux blessés, perpétrée par un sympathisant d’extrême droite, au discernement "partiellement altéré". "Les événements se succèdent à quelques semaines d’intervalle, mais je ne veux pas y voir une tendance profonde de notre ville, qui a toujours été une ville de cohésion", a commenté M. Etchegaray.

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Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 07/01/2020

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