Le navire Open Arms, au large de Lampedusa, le 15 août. (© AFP)

Des migrants ont sauté du bateau humanitaire Open Arms, toujours bloqué en mer

Le gouvernement italien refuse de laisser le navire accoster à Lampedusa, malgré la gravité de la situation à bord.

Désespérés, quatre des 107 migrants qui patientent encore à bord du bateau de sauvetage de l’ONG espagnole Open Arms, au large de Lampedusa, se sont jetés à la mer pour tenter de rejoindre l’île italienne à la nage. C’est ce qu’on peut voir sur une vidéo postée sur Twitter ce dimanche 18 août par le fondateur d’Open Arms, Òscar Camps, qui dénonce une situation "insoutenable" :

"Il y a des gens qui se jettent à l’eau, des bagarres, des violences, de la panique. De quoi d’autre avons-nous besoin ? De morts ? Ceux qui ne sont pas morts dans la mer vont mourir ici, à bord de l’Open Arms ? C’est ça dont on a besoin ? J’espère que les autorités vont agir."

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Les quatre migrants ont été ramenés sains et saufs à bord de l’Open Arms et le gouvernement espagnol a haussé le ton contre son homologue italien ce lundi 19 août. Cependant, le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, interdit toujours au navire d’accéder au port de Lampedusa.

Malgré un accord européen de répartition des 134 personnes secourues par l’Open Arms au large de la Libye il y a plus de 15 jours, le chef de file de la Ligue du Nord (extrême droite) avait seulement autorisé le débarquement par des garde-côtes de 27 mineurs isolés, le samedi 17 août.

"Ils organisent des croisières touristiques et ils décident où ils débarquent ?"

Le gouvernement espagnol a bien proposé à l’ONG de débarquer à Algésiras, mais la porte-parole Laura Lanuza a rétorqué que la situation à bord ne permettait pas de traverser la Méditerranée :

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"Nous ne pouvons pas accepter d’aller dans un port espagnol parce que nous sommes dans un état d’urgence humanitaire extrême, ce dont [les migrants secourus] ont besoin, c’est d’être débarqués maintenant. Il est impensable de naviguer six jours, le temps qu’il nous faudrait pour arriver à Algésiras. Nous mettrions en danger l’intégrité et la sécurité des passagers secourus et de l’équipage."

Un refus que Matteo Salvini a qualifié "d’incroyable" et "d’inacceptable". "Ils organisent des croisières touristiques et ils décident où ils débarquent ?", a-t-il fait mine de se demander. 

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Par Camille Hamet, publié le 19/08/2019

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