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Des maires bravent le confinement et autorisent l'ouverture des magasins non alimentaires

Publié le

par Astrid Van Laer

Chalon-sur-Saône © Mahaux Charles/AGF/Universal Images Group via Getty Images

"Injuste" : les édiles fustigent une "rupture d'égalité de traitement" entre la grande distribution et les petits commerces.

Vendredi, les maires de villes petites et moyennes, comme Brive, en Corrèze, Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, ou encore Aubusson, dans la Creuse, ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces non alimentaires de leur ville, en contradiction avec les mesures gouvernementales de confinement.

La fermeture des commerces de proximité non alimentaires est "injuste et inéquitable" et "crée une rupture d’égalité entre petits commerces et grandes et moyennes surfaces", a expliqué Frédéric Soulier, maire LR de Brive, qui compte 47 000 habitants, dans un message sur Facebook.

À Chalon-sur-Saône, le maire LR Gilles Platret a autorisé "la réouverture de tous les commerces de vente au détail non alimentaires pour lutter plus efficacement contre la propagation du virus". Un arrêté qualifié "d’illégal" par la préfecture.

Selon Gilles Platret, "l’accumulation de clientèle, notamment aux caisses", dans les supermarchés et hypermarchés, où se vendent également des produits non essentiels, "va automatiquement générer une situation de nature à encourager la propagation de l’épidémie, là où il faut au contraire tout mettre en œuvre pour la ralentir". "Des clients pouvant librement accéder à l’ensemble des petits commerces de la ville seront moins susceptibles de se contaminer", écrit-il.

Dans un communiqué, le maire PS d’Aubusson, Michel Moine, conteste, lui, "que la charge de la responsabilité de l’épidémie soit à ce point supportée par le commerce de proximité". "Les magasins spécialisés de centre-ville vendent effectivement eux aussi des produits de première nécessité, et à ce titre, ils doivent rester ouverts, en respectant les mesures sanitaires", plaide-t-il.

"Je ne peux me résoudre à l’éventualité qu’une ville comme Aubusson perde, en fin de confinement, la moitié ou plus de ses commerces", écrit Michel Moine, maire depuis près de 20 ans de cette sous-préfecture de 6 000 habitants de la Creuse.

Les commerces de proximité "en danger de mort"

Dans l’Yonne, François Boucher, le maire LR de Migennes, qui compte 7 000 habitants, dénonce lui aussi dans son arrêté publié sur le site Internet de la commune une "rupture d’égalité de traitement" entre la grande distribution et les petits commerces non alimentaires du centre-ville, qu’il a autorisés à rester ouverts "jusqu’à ce que l’égalité de traitement soit rétablie". Le préfet de l’Yonne Henri Prévost lui a demandé de "retirer son arrêté".

La préfecture rappelle dans un communiqué qu’un maire ne peut pas "prescrire par arrêté municipal des règles contraires à un texte de portée générale, pris par le gouvernement qui s’applique à l’ensemble du territoire".

Le préfet délégué à la sécurité de Nouvelle-Aquitaine Martin Guespereau a expliqué à la presse que si un tel cas se présentait, "nous aurions alors une approche directe du maire pour lui proposer de retirer lui-même à l’amiable son arrêté", ajoutant : "Ça s’était produit de façon très anecdotique pendant le premier confinement, à chaque fois il y avait une histoire différente et cela s’était réglé totalement à l’amiable."

Dans la Sarthe aussi, la maire LR de Fresnay-sur-Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager, a autorisé les commerces non alimentaires à ouvrir "jusqu’à ce que la liberté de concurrence soit rétablie". Des démarches semblables ont été faites à Barneville-Carteret, Décize et Malemort-sur-Corrèze, selon la presse locale.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a pour sa part estimé vendredi que les commerces de proximité contraints de fermer durant le confinement étaient "en danger de mort" malgré les aides gouvernementales.

Konbini news avec AFP

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