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Des maires appellent à rouvrir les boîtes de nuit pour lutter contre les fêtes sauvages

Publié le

par Clothilde Bru

© John M Lund Photography Inc / Getty Images

Sur présentation d’un pass sanitaire ou d’un test PCR négatif.

Environ 200 fêtards ont été délogés d’une forêt par une centaine de gendarmes, ce samedi 15 mai, en Ardèche. C’est pour éviter ce genre de débordements tout l’été qu’une quinzaine de maires de villes côtières ont pris la parole dimanche dans Le Parisien.

"Depuis plus d’un an, les discothèques n’ont pas rouvert une seule fois et ont vu leur situation financière se dégrader de façon critique", peut-on lire dans une tribune qui plaide pour la réouverture des boîtes de nuit dès le 30 juin prochain.

Le texte a été cosigné par les maires de La Baule, Hyères, Biarritz, Saint-Tropez ou encore Deauville.

Voilà plus d’un an que les clubs sont résolument fermés. Encore une fois, les acteurs du secteur sont les grands oubliés du nouveau plan de déconfinement dévoilé par Jean Castex le 10 mai dernier.

Si les patrons de discothèques ne savaient plus quoi faire pour se faire entendre, ils bénéficient désormais d’un soutien de poids. "Sans voies alternatives, des fêtes sauvages et désorganisées feront inévitablement leur apparition", s’inquiètent déjà les édiles.

"Je n’ai pas les moyens de sécuriser les 9 km de plage où les jeunes vont vouloir faire la fête au bord de l’eau, avec les dangers que cela comporte, à la merci des trafiquants…", argue Franck Louvrier, maire (LR) de La Baule et initiateur de la tribune avec Jean Roch, DJ et propriétaire de la boîte de nuit, dans les colonnes du Parisien.

Un club sur trois a disparu

À cela s’ajoute évidemment la catastrophe économique à laquelle fait face le secteur, qui représente 50 000 emplois directs. En novembre dernier, nous rencontrions Maud Algret et Carl Hautbois, propriétaires d’une boîte de nuit à Vitré, en Bretagne.

Selon le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, l’un des principaux syndicats de la profession, quelque 430 discothèques sont en train de disparaître définitivement – soit un établissement sur trois.

Toutefois, cette réouverture ne doit pas se faire à n’importe quel prix. "Comme en Angleterre, en Espagne ou en Israël, exigeons un pass sanitaire ou un test PCR négatif à l’entrée de ces lieux. Mettons en place des jauges. Généralisons les purificateurs d’air, devenus la norme dans les avions, les TGV, ou récemment les écoles", plaident les élus.

Ce protocole strict, que les professionnels sont prêts à appliquer, pourrait même avoir des effets bénéfiques sur les jeunes, selon le maire de La Baule. Ces derniers pourront peut-être se montrer plus intéressés par les tests de dépistage ou la vaccination s’il y a une sortie en boîte à la clé

Invité à réagir ce lundi matin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a indiqué que les propriétaires de discothèques devraient être fixés sur leur sort le 15 juin prochain.