(© Jacques Demarthon/AFP\Astrid Van Laer/Konbini news)

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Des lycéens à la police, en passant par la RATP : une rentrée sous le signe de la révolte

Tous ont le même mot d'ordre : "Seul le rapport de force permettra de faire céder le gouvernement."

Services de police, écoles, lycées, universités, transports en commun, hôpitaux… Partout dans l’Hexagone, la colère gronde. La rentrée semble bel et bien placée sous le signe de la protestation, avec de nombreuses grèves, manifestations et marches prévues tout au long du mois de septembre. Et les premiers à commencer seront les agents de la RATP, ce vendredi.

"Vendredi noir à la RATP"

C’est avec ces mots que le syndicat UNSA annonce un mouvement social "qui sera d’une ampleur exceptionnelle" le 13 septembre prochain. La Régie autonome des transports parisiens (RATP) prévoit en effet un "trafic très fortement perturbé" et invite ses usagers à "limiter au maximum leurs déplacements".

La cause de cette mobilisation de grande ampleur ? La réforme du système des retraites. Cette dernière prévoit la mise en place d’un système "universel" des retraites, qui va supprimer les régimes spéciaux dont bénéficient les agents de la RATP.

Ces préconisations figurent dans le rapport de Jean-Paul Delevoye, le Haut-Commissaire à la réforme des retraites. Les agents souhaitant suivre ce mouvement de grève avaient jusqu’à 18 heures ce mercredi pour se déclarer grévistes et permettre à la RATP d’informer au mieux les usagers de l’ampleur du mouvement.

"Quand les jeunes se mobilisent, c’est toute la France qui les regarde"

Du côté des étudiants, la rentrée amène également son lot de revendications. "Nos organisations ont fait le choix d’agir pour une véritable politique écologique et sociale", affirment dans un communiqué plus d’une demi-douzaine de syndicats, parmi lesquels l’UNEF, la CGT et la FIDL.

Contactée par Konbini News, la vice-présidente de la FIDL, Saphia Aït Ouarabi, annonce : "On va reprendre les grèves hebdomadaires." L’objectif ? Enjoindre le gouvernement à conjuguer justice sociale et justice environnementale. Pour cela, deux grosses mobilisations sont attendues, les 20 et 27 septembre prochains.

Marche pour le climat à Paris, le 1er mars 2019. (© Jacques Demarthon/AFP)

"La mobilisation climatique a pris le pas" sur les autres revendications auparavant portées par les lycéens. "C’est la question dominante de cette rentrée", nous a expliqué la représentante de la FIDL.

Pour Saphia Aït Ouarabi, les récentes prises de parole du président de la République concernant l’environnement avaient redonné de l’espoir aux jeunes : "On s’est dit que nos mobilisations ne servaient pas à rien". "On ne va pas arrêter de se mobiliser tant qu’il n’y aura pas des réformes concrètes écologiques et sociales qui auront une vraie répercussion sur notre quotidien", a-t-elle poursuivi, avant d’ajouter :

"Et c’est à nous de le faire, car on le voit : quand les jeunes se mobilisent, c’est toute la France qui les regarde, et soit panique, soit les soutient – et alors le gouvernement porte une attention particulière à ce qu’on revendique."

Des mois de protestation du côté des urgences

(© Astrid Van Laer/Konbini news)

Aux urgences, même son de cloche : il est hors de question de faiblir, et ce malgré les tentatives de la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, de calmer le jeu en présentant un plan de refondation des urgences à 754 millions d’euros.

Pour les personnels du service public, qui suffoquent depuis plusieurs mois maintenant, ça ne suffit pas et la grève va continuer. Aujourd’hui, les effectifs en grève manifestaient dans la capitale, en partance de la place d’Italie, pour témoigner de leur mécontentement.

La CGT a expliqué dans un communiqué que les mesures proposées par la ministre "ne pourront pas répondre à l’urgence car leur impact sera visible à moyen terme". Et le syndicat est sûr d’une chose : "Seul le rapport de force permettra de faire céder le gouvernement."

Policiers : la marche de la colère

(© Patrick Hertzog/AFP)

Les syndicats de police organisent quant à eux une "marche de la colère" le 2 octobre prochain. Une initiative qu’ils ont qualifiée auprès de l’AFP d'"historique". Même s’ils s’étaient déjà mobilisés en décembre de l’année dernière, les syndicats prédisent une affluence particulière cette année. Les effectifs de police prévoient donc de défiler dans les rues de Paris, et selon Alternative Police CFDT, il faudra s’attendre à un "grand mouvement de flics".

Leurs revendications sont les suivantes : "l’amélioration de la qualité de vie au travail", "une véritable politique sociale pour les agents du ministère", "une réponse pénale, efficace et dissuasive", ainsi que, au même titre que les agents de la RATP, la défense du système de retraite.

Et les gilets jaunes ?

Enfin, le mouvement des gilets jaunes est lui aussi loin d’être en reste. Comme on vous le disait la semaine dernière, beaucoup ne vont rien lâcher. Mathieu Blavier, l’un des premiers à avoir rejoint le mouvement des gilets jaunes l’an passé, nous avait confié, l’air assuré :

"Il ne faut pas que le gouvernement croie que c’est fini, que les gens sont rentrés chez eux définitivement. Les blocages sur les ronds-points vont reprendre cet automne."

Par Astrid Van Laer, publié le 11/09/2019

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