© Facebook / Sauvez Maurice

Des internautes se mobilisent pour sauver Maurice, le sanglier domestique

"On nous demande de lui trouver un endroit conforme ou de mettre fin à sa vie."

Il y a cinq ans, Sylvia Bachellerie se promenait dans sa propriété avec son chien, qui débusque un marcassin blessé sous des branchages. L’animal n’avait que quelques jours. Sylvia Bachellerie le ramène chez elle et en prend soin avec son mari. "Je l’ai soigné, mis sous une lampe chauffante et nourri au biberon", raconte-t-elle à Konbini news.

Une fois le marcassin guéri, Sylvia Bachellerie et son mari veulent le relâcher. Impossible. "Il nous suivait comme un chien", se souvient la jeune femme. Ils construisent alors à celui qui sera baptisé Maurice un vaste parc de 500 m². Le couple habite Le Jardin, un petit village en Corrèze où il possède une grande propriété. 

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"Bien sûr que je savais que c’était illégal. La plupart de mes voisins n’étaient pas au courant", confie Sylvia Bachellerie.

En vertu d’une loi du 7 juillet 2006, il est interdit de détenir un animal sauvage dont la chasse est soumise à autorisation, rappelle Le Figaro. Pourtant, il n’y avait pas d’autre solution que de garder Maurice. "Le Centre de Sauvegarde de la faune sauvage, le plus proche de chez nous n’était pas habilité à recueillir des mammifères", se souvient la jeune femme. 

L’année dernière, Sylvia Bachellerie et son mari ont manifestement été dénoncés. "Maurice ne représente aucune nuisance sonore, ou olfactive. Il est dans un enclos qui est sécurisé", rappelle-t-elle.

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"Sauvez Maurice"

Après avoir reçu une petite visite d’agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la jeune femme tente de se mettre en conformité en demandant un agrément, qui lui est refusé. En septembre 2019, le délégué du procureur de Tulle a demandé que Maurice soit abattu. 

Page Facebook, cagnotte, pétition… la jeune femme met tout en œuvre pour sauver l’animal qui fait partie de son quotidien depuis plus de 5 ans. 

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"On nous demande de lui trouver un endroit conforme ou de mettre fin à sa vie" écrit-elle dans le texte de la pétition "Sauvez Maurice" déjà signée par près de 25 000 personnes.

La jeune femme reçoit de nombreux messages de soutien et même de l’argent. "J’ai donné 500 euros", confie Cyril à Konbini news. Ce Parisien de 54 ans a été saisi par l’absurdité de la situation. "Je n’arrive pas à accepter que ces gens aient tout fait pour sauver un animal pour ensuite l’euthanasier", conclut-il.

Le sort de Maurice sera fixé le 18 mars prochain. Par le passé, des particuliers ont déjà eu la possibilité de garder leurs sangliers, par arrêté préfectoral, rappelle Le Figaro. 

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Par Clothilde Bru, publié le 31/01/2020