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Des députés quittent une réunion en raison du voile d'une des participantes

Publié le

par Astrid Van Laer

© JACQUES DEMARTHON / AFP

"Je ne peux accepter qu'au sein de l'Assemblée nationale [...], nous acceptions qu'une personne se présente en hijab."

Des députés LR et une élue LREM ont quitté jeudi une audition à l’Assemblée sur le Covid-19 et la jeunesse pour protester contre la présence d’une syndicaliste étudiante voilée, un "faux débat" selon la marcheuse qui présidait la réunion.

Les parlementaires participaient à l’audition de représentants de syndicats étudiants dans le cadre de la nouvelle commission d’enquête "pour mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse", créée à l’initiative de la communiste Marie-George Buffet, élue de Seine-Saint-Denis, qui en est la rapporteure.

Après la prise de parole des syndicalistes étudiants, le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, faisant un "rappel au règlement", s’est indigné du voile porté par la vice-présidente de l’Unef, Maryam Pougetoux, en estimant qu’il s’agissait d’un "acte communautariste délibéré" qui enfreignait "le principe de laïcité auquel doit s’astreindre notre assemblée".

L’argument a été battu en brèche par la présidente de la commission, l’élue de Haute-Garonne Sandrine Mörch, qui a déploré un "mauvais procès" en rappelant qu'"aucune règle n’interdi[sait] le port de signe religieux pour les personnes auditionnées".

Les députés LR qui ont quitté la salle ont été rejoints par Anne-Christine Lang (LREM), pour qui le "port du hijab" est "incompatible" avec ses "valeurs".

"Faux débat"

"Je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le cœur battant de la démocratie […], nous acceptions qu’une personne se présente en hijab devant une commission d’enquête", a-t-elle indiqué.

"En tant que députée et féministe, attachée aux valeurs républicaines, à la laïcité et aux droits des femmes, je ne peux accepter qu’une personne vienne participer à nos travaux à l’Assemblée nationale en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission", a-t-elle complété dans un tweet.

Dans une interview accordée à L’Express, elle a ajouté :

"Je n’ai jamais dit que c’était contraire au règlement, qui par ailleurs est un objet de désaccord entre de nombreux députés sur cette question. J’estime qu’il est de ma liberté de ne pas souhaiter auditionner quelqu’un qui porte des signes religieux ostensibles. Je n’ai pas demandé que l’audition cesse."

Sa collègue Sandrine Mörch lui a rétorqué qu’elle ne laisserait pas "ce faux débat autour du voile rentrer dans cette commission censée travailler sur l’avenir et le présent de la jeunesse dans une situation très compliquée".

Maryam Pougetoux avait déjà été au cœur d’une polémique en 2018, lorsque plusieurs personnalités politiques, dont Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, avait critiqué l’Unef, syndicat étudiant de gauche, pour avoir désigné une étudiante voilée comme porte-parole.

Konbini news avec AFP

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