(c) Facebook / Le Parisien

Une étudiante défigurée par une coloration pour cheveux

Estelle, 19 ans, a failli mourir.

Estelle voulait simplement changer de tête. Passer du blond au brun comme on passe de l'été à l'hiver. La jeune femme a fait une réaction allergique à un produit présent dans sa coloration de "grande marque". La mésaventure a failli lui être fatale rapporte Le Parisien dans cette vidéo où l'étudiante en anglais témoigne. 

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"Cela commence par des démangeaisons sur le front, ensuite à l'arrière de la tête, puis ça gonfle, ça a gonflé dans ma nuque. Mon front a doublé de volume, les tempes également."

La jeune femme qui habite Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne a documenté son calvaire grâce à des images postées sur sa page Facebook (rendues inaccessibles depuis). Les photos de son visage déformé par la coloration sont impressionnantes.

La faute à la PPD, la paraphénylènediamine, un composé chimique présent dans 9 colorants sur 10 selon LCI. La PPD a déjà été mise en cause par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Il arrive que cette dernière entre illégalement dans la composition du henné au risque de "provoquer un eczéma allergique parfois grave".

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Son tour de tête est passé de 56 à 63 cm

Ayant déjà fait une petite réaction allergique lors d'une précédente coloration, Estelle joue la prudence et fait un test sur sa peau pendant 30 minutes – un temps insuffisant lorsqu'on lit la notice de ladite coloration. Elle aurait dû laisser le produit 48 heures, une "bêtise" reconnaît-elle aujourd'hui.

"C'est écrit bien trop petit et le message n'est pas assez alarmiste. Ce n'est pas écrit assez gros, ce n'est pas assez voyant, ce qui fait qu'on n'y prête pas suffisamment attention" se défend toutefois la jeune fille qui témoigne dans Le Parisien.

En plus d'être défigurée – son tour de tête est passé de 56 à 63 cm – l'étudiante a failli mourir. Malgré une crème anti-démangeaisons et la prise d'antihistaminiques administrés en catastrophe par un pharmacien, Estelle est conduite aux urgences avec tous les symptômes d'un œdème de Quincke : elle "s'étouffe" avec sa langue gonflée, "respire mal". Ce n'est qu'après une piqûre d'adrénaline et une nuit à l'hôpital que la jeune femme est tirée d'affaire. 

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Quelques semaines après les faits et alors qu'elle n'a gardé aucune séquelle, l'étudiante veut alerter celles et ceux qui utilisent ce produit : "J’ai fait une bêtise et j’ai envie de dire aux autres : ne faites pas comme moi !"

Déjà dans la tourmente avec le scandale des implant files, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé va certainement se pencher de plus près sur les dangers de la PPD. Selon RTL, l'Union européenne s'inquiète depuis plusieurs années des "réactions allergiques potentiellement graves" qu'elle peut provoquer.

 

Par Clothilde Bru, publié le 28/11/2018

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