(c) Paul Hudson / Flickr

Un os vieux de 90 000 ans prouve que deux espèces humaines se sont reproduites entre elles

On a enfin la preuve que Néandertal et Denisova ont pu s’unir.

(© Paul Hudson/Flickr/CC)

Les paléontologues du monde entier sont en ébullition. L’ADN d’un fragment d’os, retrouvé en 2012 dans une grotte en Sibérie, vient d’apporter la toute première preuve d’un croisement entre deux espèces humaines : Néandertal et Denisova.

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"C’est incroyable, je ne pensais pas que ce soit même possible ! C’est improbable de trouver ce type de restes, d’autant que ce fragment est tout petit, c’est un ossement non identifiable que d’habitude on met presque de côté", s’exclame Isabelle Crevecoeur, paléoanthropologue au CNRS, contactée par Konbini news.

Les chercheurs ont en effet travaillé sur un tout petit fragment d’os de 1,5 cm, qui provient d’une jambe. Grâce au séquençage de son ADN, ils ont pu déterminer que ce reste vieux de 90 000 ans appartenait à un individu de sexe féminin d’environ 13 ans, moitié néandertalienne moitié dénisovienne, comme le rapporte la revue Nature ce mercredi 22 août.

"C’est la première fois qu’on retrouve un hybride"

"Avant, on savait qu’il y avait eu des hybridations à différents niveaux dans l’évolution humaine, mais c’est la première fois qu’on retrouve un hybride. Jusqu’alors on n’avait que des indices indirects de métissage entre ces populations", explique Isabelle Crevecoeur.

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"Denny", comme l’ont baptisée les chercheurs, avait donc une mère néandertalienne et un père dénisovien. Ce petit fragment d’os provient de la même grotte où l’on a découvert l’homme de Denisova, identifié par analyse génétique en mars 2010.

Située dans les montagnes de l’Altaï, en Sibérie, près de la frontière entre la Russie et la Mongolie, elle est loin d’avoir livré tous ses secrets. "Elle est encore en train d’être fouillée et de nombreux travaux sont menés sur des restes trouvés dans cette grotte", explique la paléoanthropologue.

La découverte de cette humaine hybride ouvre de nombreuses pistes pour les chercheurs, notamment sur l’ampleur des mouvements de populations. "Maintenant qu’on a la certitude de ces hybridations entre Néandertaliens et Dénisoviens sur cette partie du territoire, on va pouvoir insérer plein de processus de peuplement plus complexes que ce qu’on avait avant", précise la chercheuse.

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Par Clothilde Bru, publié le 23/08/2018

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