©Tolga Akmen / AFP

Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui convoite la presse française

Avec sa réputation de "cost killer", Daniel Kretinsky effraie.

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Matthieu Pigasse a officiellement annoncé jeudi 25 octobre avoir vendu 49 % de ses parts de sa société Le Nouveau monde, propriétaire de plusieurs médias comme Le Monde, Télérama, Courrier International ou encore La Vie, à Daniel Kretinsky. Ce milliardaire tchèque, cinquième fortune de son pays, à la réputation de “cost killer”, a récemment racheté Marianne et convoite plusieurs magazines comme ELLE.

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Les salariés du groupe, notamment les journalistes du Monde, craignaient que ce dernier ne rachète la totalité des parts de M. Pigasse, une hypothèse qu’il a effectivement envisagée un temps durant l’été. Pour les rassurer, il a été décidé lors d’une réunion que tout “changement de contrôle du groupe Le Monde devra être consensuel et devra faire préalablement l’objet d’un accord de Xavier Niel, de Matthieu Pigasse et du pôle d’indépendance”.

"Le journal disposera d’un droit de véto", peut-on lire dans Le Monde. L’entourage de M. Kretinsky a pour sa part assuré dans le quotidien que l’homme d’affaires “ne fera pas de mouvement hostile à la rédaction du Monde”, ajoutant : “de même qu’il a toujours œuvré dans l’intérêt des rédactions des titres dont il est propriétaire en République tchèque”.

Plusieurs craintes ont également fait surface, certains soupçonnant le milliardaire d’avoir pour réel but de se rapprocher du groupe énergétique français Engie. Car en République tchèque, Daniel Kretinsky est surnommé “le géant discret du charbon”. Il est propriétaire du groupe d’énergie tchèque EPH et pourrait vouloir mettre un pied en France pour s’implanter dans le marché de l’énergie.

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Pourtant, Daniel Kretinsky assure ne pas chercher “avec les médias un moyen d’influence pour gagner d’autres activités dans d’autres secteurs, comme l’énergie.” Des propos qui ne corroborent pas ceux d’un homme d’affaires tchèque qui a travaillé avec lui. Ce dernier a confié au journal Le Temps :

"Kretinsky est un proeuropéen cultivé, francophile et amateur d’art contemporain, mais il ne vit pas au pays des Bisounours. Sa réputation d’investisseur aguerri et de 'cost killer' n’est plus à faire et cela m’étonnerait qu’il vienne en France uniquement pour se lancer dans le mécénat."

Par Astrid Van Laer, publié le 26/10/2018

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