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Covid-19 : Israël impose un nouveau confinement de minimum 3 semaines

Publié le

par Astrid Van Laer

Benjamin Netanyahu © Yoav Dudkevitch / POOL / AFP

Retour à la case départ de la pandémie ?

Dimanche soir, Israël est devenu le premier pays fortement affecté par le coronavirus à réimposer un confinement national, d’au moins trois semaines, pour tenter de juguler une seconde vague de contamination.

"Aujourd’hui, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre un confinement strict de trois semaines avec l’option d’étendre cette mesure", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une allocution télévisée, reçue par certains comme un coup de massue sur la tête sinon comme un appel à se racheter des antidépresseurs. 

Selon les données collectées par l’AFP, Israël est le deuxième pays au monde ayant enregistré le plus de cas de nouveau coronavirus par habitant au cours des deux dernières semaines après Bahreïn, nouvel allié avec lequel il doit d’ailleurs signer mardi à Washington un accord de normalisation de ses relations.

À partir de la fin août, avec notamment la réouverture des écoles doublée de la tenue cet été de mariages rassemblant parfois des centaines de personnes, le taux d’infection est reparti à la hausse, avec désormais au compteur 155 604 cas de Covid dont 1 119 décès, pour une population de 9 millions d’habitants.

Face à cette hausse, les autorités avaient imposé la semaine dernière un couvre-feu à une quarantaine de villes du pays, notamment dans les secteurs arabes et juifs ultra-orthodoxes, ce qui n’a pas empêché le nombre de cas de progresser, avec à la clé des hôpitaux et un personnel médical "débordés", a déclaré Benjamin Netanyahu.

"Ce n’est pas une période des fêtes comme d’habitude"

À l’approche des fêtes juives, le pays a vécu les derniers jours sous le signe d’un débat, parfois intense, entre tenants d’un "seger khelki" et autres d’un "seger clali", soit entre défenseurs d’un confinement partiel ou général.

Le gouvernement a opté non seulement pour la seconde option, mais a étendu la mesure sur au moins trois semaines, pendant toutes les fêtes juives, pour tenter de limiter la propagation de la Covid-19 au moment où les familles se rassemblent et les fidèles se retrouvent dans les synagogues.

"Notre but est de stopper la hausse", a déclaré le Premier ministre, avec un tableau de données pour démontrer aux Israéliens, dont des milliers ont manifesté ces dernières semaines contre la gestion de la pandémie par le gouvernement, que l’économie du pays avait moins souffert de la Covid-19 que celles de la France, de l’Allemagne ou du Royaume-Uni.

Le nouveau confinement entrera en vigueur à partir de vendredi pour la fête de Rosh Hashana, le Nouvel An juif, se poursuivra pendant Yom Kippour et se terminera au dernier jour de Soukkot, vers le 9 octobre prochain, ont précisé les autorités.

"Je sais bien que ces mesures nous imposent à tous un lourd tribut […]. Ce n’est pas une période des fêtes comme d’habitude, nous ne serons certainement pas en mesure de célébrer avec nos familles élargies", a ajouté Benjamin Netanyahu, précisant qu'allaient être autorisées les prières à dix personnes maximum dans les lieux fermés et à vingt personnes dans les lieux ouverts.

Démission ultra-orthodoxe

Avant même cette annonce, plus tôt dimanche, le chef du parti ultra-orthodoxe juif unifié de la Torah et allié clé de Benjamin Netanyahu, Yaakov Litzman, a démissionné du gouvernement d’union car il est justement opposé à ce reconfinement.

Ce dernier, qui était d’ailleurs ministre de la Santé au début de la pandémie avant d’être muté au Logement, a accusé le gouvernement de chercher à réimposer un confinement à partir des fêtes du Nouvel An juif alors que des mesures "nécessaires" auraient pu, selon lui, être prises auparavant.

"Des centaines de milliers de juifs de toutes les populations et de tous les secteurs" ne pourront pas prier pas dans les synagogues pendant les fêtes du Nouvel An juif, a-t-il déploré dans sa lettre de démission, ajoutant :

"Cette décision d’imposer une fermeture totale ne permettra pas aux synagogues de fonctionner les jours fériés […] contrairement à ce qui avait été expressément convenu."

Ce dernier avait été dans l’embarras au début de la crise, en mars. À l’époque, les contaminations se concentraient en Israël dans les villes et quartiers ultra-orthodoxes où les consignes sanitaires, dont son propre ministère était responsable, avaient été peu ou prou suivies.

Konbini news avec AFP

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