AccueilSociété

Covid-19 : 10 % de la population infectée, selon l'OMS

Publié le

par Clothilde Bru

© NICOLAS TUCAT / AFP

Soit environ 780 millions de personnes, c'est nettement plus que les chiffres officiels.

Le coronavirus aurait infecté 10 % de la population mondiale, bien plus que les chiffres officiels, a estimé lundi 5 octobre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le patron a réclamé une accélération de la réforme de l’organisation dans la gestion des situations d’urgence.

S’exprimant à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil exécutif de l’OMS sur la riposte au Covid-19, Tedros Adhanom Ghebreyesus a vigoureusement défendu le travail réalisé par l’organisation, accusée notamment par le président américain Donald Trump d’incompétence dans sa gestion de la pandémie qui a fait plus d’un million de morts.

À ses côtés, le directeur des urgences sanitaires de l’OMS, Michael Ryan, a expliqué qu’environ 10 % de la population mondiale pourrait avoir été infectée, soit environ 780 millions de personnes alors que les chiffres officiels s’élèvent à plus de 35 millions de cas.

Il a également indiqué que l’organisation, accusée par Washington d’être trop proche de la Chine, avait choisi les membres de l’équipe internationale chargée d’enquêter sur les origines de l’épidémie. Aucune date n’a toutefois été avancée.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a défendu la réforme qu’il a mise en œuvre ces trois dernières années dans cette organisation qui avait été accusée d’avoir sous-estimé l’ampleur de la crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest, entre fin 2013 et 2016. Mais il a appelé à une réforme plus rapide afin qu’elle soit encore plus efficace.

"Nous ne sommes pas sur la mauvaise voie, […] mais nous devons aller plus vite. La pandémie est un signal d’alarme pour nous tous", a-t-il déclaré, masqué. "Nous devons tous nous regarder dans le miroir et nous demander ce que nous pouvons faire de mieux", a-t-il ajouté.

Vers une réforme de l’institution

Cette réunion extraordinaire de deux jours du Conseil exécutif de l’OMS, qui réunit les représentants de 34 pays élus pour une période de trois ans et est chargé de préparer et mettre en œuvre les décisions des membres de l’organisation, n’est que la cinquième de son histoire.

Elle a été convoquée par l’OMS pour donner suite à une résolution approuvée par les États membres en mai, prévoyant une "évaluation indépendante" de la réaction de l’agence onusienne et de la communauté internationale à la pandémie.

"Le monde a besoin d’un système robuste d’évaluation entre pairs", a pointé le patron de l’OMS, citant en exemple l’Examen périodique universel mis en place par le Conseil des droits de l’homme, auquel doivent se soumettre tous les membres de l’ONU régulièrement.

"Nous encourageons les pays à venir avec de nouvelles idées", a poursuivi l’Éthiopien. Et d'ajouter : "Nous devons être ouverts au changement et nous devons mettre en œuvre les changements dès maintenant".

L’OMS a décrété l’alerte mondiale le 30 janvier face au Covid-19. L’institution a été vivement critiquée depuis, en particulier par les États-Unis, pour avoir tardé à décréter cet état d’urgence, alors que le coronavirus avait été signalé dès la fin décembre en Chine.

L’organisation a également été critiquée pour des recommandations jugées tardives ou contradictoires, notamment sur le port du masque ou les modes de transmission du virus. D’autres ont aussi souligné que l’organisation manquait à la fois de ressources budgétaires et d’indépendance face aux États.

Ces dernières semaines, plusieurs pays ont lancé des pistes de réflexion sur une réforme de l’OMS, à l’image des États-Unis et du couple franco-allemand.

Ces projets de réformes seront également discutés par les 164 membres de l’OMS en novembre.

À cette occasion, les pays discuteront également des conséquences du retrait des États-Unis, premier bailleur de fonds de l’agence. "C’est un sujet qui nous préoccupe beaucoup", a signalé la représentante russe, en visioconférence.

Konbini news avec AFP

À voir aussi sur news :