AccueilSociété

Coronavirus : tabassé pour avoir demandé à un homme le port d'un masque dans une laverie

Publié le

par Lila Blumberg

© DENIS CHARLET / AFP

Ses agresseurs l'ont frappé à coups de batte de base-ball.

Dimanche en fin d’après-midi, le client d’une laverie automatique de Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise) a été passé à tabac après avoir demandé à un homme de porter un masque. Lundi, la victime a déposé une plainte pour "violence aggravée".

Le port du masque pourtant obligatoire dans les lieux clos

"J’étais en train de plier mes vêtements pour les mettre dans un sac. J’ai demandé au monsieur de porter le masque. C’est écrit que c’est obligatoire et c’est la loi", a expliqué à l’AFP la victime, un homme de 44 ans, qui était accompagné de ses deux enfants de cinq et sept ans. "Il m’a dit : 'Je fais ce que je veux'", a-t-il poursuivi, précisant avoir réitéré cette demande vu la configuration des lieux.

La consigne du port du masque, obligatoire dans les endroits clos pour limiter la propagation du coronavirus, est affichée dans la laverie, a confirmé un membre du conseil syndical de la résidence.

Le client a porté plainte lundi après avoir été roué de coups par quatre personnes, dont celle à qui il avait précédemment demandé de respecter la consigne du port du masque.

Des coups de batte de base-ball

Après une altercation verbale houleuse, le jeune homme non masqué est sorti de la laverie, puis est revenu sur place accompagné de renforts, selon le plaignant. Deux hommes l’ont alors frappé à coups de batte de base-ball, deux autres à mains nues, selon des images de vidéosurveillance consultées par l’AFP. L’expédition punitive, qui n’a duré que quelques secondes, s’est poursuivie une fois la victime au sol. Transportée à l’hôpital d’Eaubonne, elle souffre d’un traumatisme crânien avec une plaie, des contusions et des douleurs lombaires, selon le rapport médical.

La victime, qui réside dans ce quartier depuis une trentaine d’années, a assuré ne pas connaître ses agresseurs. "J’ai eu six points de suture derrière le crâne, juste au-dessus de ma nuque. S’ils touchaient ma nuque, c’était fini, à deux centimètres près c’était la morgue. Mais attendez… pour un masque ?", s’indigne ce père de famille, dont les enfants sont "choqués".

À Bayonne, un chauffeur de bus de 59 ans est décédé sous les coups de voyageurs le 5 juillet, après avoir réclamé le port du masque. Sa mort a suscité un vif émoi et l’indignation du monde politique. Par ailleurs, à Orléans, un mineur soupçonné d’avoir frappé un conducteur de bus qui lui avait demandé de porter un masque a été mis en examen mardi dernier.

Konbini news avec AFP

À voir aussi sur news :