© MEHDI FEDOUACH / POOL / AFP

Coronavirus : qu'est-ce que le "stade 3" ?

En cas de "circulation active du virus sur le territoire", qu'est-ce qui pourrait changer ?

"Il y a un moment où, nous le savons tous […] une épidémie est de toute façon inexorable", déclarait hier Emmanuel Macron. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye annonçait déjà avant-hier, dans son compte rendu du conseil des ministres, qu’il était "peu probable" que la France échappe au stade 3.

Le site du gouvernement indique que le stade 1 "prévoit de freiner l’introduction du virus sur le territoire national". Au stade 2, "l’objectif des pouvoirs publics est de freiner la propagation du virus sur le territoire et d’empêcher ou, tout du moins, de retarder aussi longtemps que possible le passage au stade 3".

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Ce stade 3, ou stade épidémique, justement, désigne "la circulation active du virus sur le territoire" et dans la population. Dès lors que celui-ci est atteint, "la stratégie repose alors sur l’atténuation des effets de l’épidémie", explique le gouvernement, qui ajoute : "l’organisation prévoit la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier et de ville, ainsi que les établissements médico-sociaux pour protéger les populations fragiles, assurer la prise en charge des patients sans gravité en ville, et des patients avec signes de gravité en établissement de soins". Et précise : "les activités collectives sont fortement impactées."

"Au stade 3, la vie du pays devra continuer"

À ce jour, d’après le ministère de la Santé, la France dénombre 423 cas de Coronavirus Covid-19 confirmés et sept personnes en sont mortes depuis le 24 janvier.

En ce moment, la France étant toujours au stade 2, il n’y a pas "d’annulation systématique" des événements ou de fermeture de toutes les écoles et universités, comme en Italie : 

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"Hors Clusters [zone de regroupement d’au moins 2 cas en même temps, ndlr], tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné sont annulés et les préfets reçoivent des indications pour annuler également, en lien avec les maires, les rassemblements, y compris en milieu ouverts, quand ils conduisent à des mélanges avec des personnes issues de zones où le virus circule possiblement."

En revanche, dans les quatre clusters situés dans l’Oise, la Haute-Savoie, le Morbihan et le Grand-Est, des consignes plus strictes ont été données : tous les événements publics ont été annulés, les établissements scolaires des communes particulièrement touchées ont été fermés et les habitants sont "incités à recourir au télétravail et à éviter de circuler hors de la zone".

À la question "Devrons-nous rester confinés si la France passe le stade 3 dans la gestion du Coronavirus Covid-19 ?", le site gouvernemental indique simplement : "au stade 3, la vie du pays devra continuer et notre pays gérera l’épidémie. La France s’appuie sur un système de santé efficace."

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"On aura plutôt des contraintes individuelles"

Sibeth Ndiaye a répondu à des questions d’internautes au sujet du virus. À l’un d’eux qui demandait si les universités allaient fermer en cas de passage au stade 3, elle a répondu que les mesures prises en stade 3 différaient de celles prises en stade 2, certaines du stade inférieur devenant caduques. "C’est contre-intuitif, je sais", a-t-elle concédé, avant d’expliquer :

"Au stade 2, on freine, donc on va prendre des mesures, par exemple, dans des endroits comme l’Oise où on sait que le virus circule beaucoup, on ferme les écoles parce qu’on ne voudrait pas que les enfants qui peuvent être vecteurs de transmission, se regroupent à l’école. C’est la raison pour laquelle on ferme les écoles.

Dans un stade 3, si tout le monde peut potentiellement avoir le virus parce qu’il circule à un stade épidémique sur l’ensemble du territoire, c’est plus forcément des mesures qui seront utiles et nécessaires."

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Dès lors, poursuit-elle, "on aura plutôt des contraintes individuelles et on dira aux gens qui sont des cas 'contact' ou avérés de rester chez eux et de réduire leur vie sociale pour empêcher une propagation encore plus importante du virus."

"Peut-on avoir le coronavirus sans le savoir ?", "Y a-t-il des remèdes naturels" ou encore : "où en est-on du vaccin ?" : hier, le médecin Michel Cymes a répondu à toutes nos questions sur le virus :

Par Astrid Van Laer, publié le 06/03/2020