© Capture écran TF1

Coronavirus : masques, jogging, chloroquine... les annonces d'Édouard Philippe

De nouvelles règles applicables dès mardi.

Ce lundi 23 mars, Emmanuel Macron a réaffirmé qu'il n'était pas partisan d'un confinement total, rassurant du même coup bon nombre de Français qui peinent à respecter les mesures actuelles de confinement.

Pour autant, le gouvernement sait qu'il faut être plus strict pour forcer les plus récalcitrants à rester chez eux. Le Premier ministre était ainsi l'invité du 20h de Gilles Bouleau ce lundi 23 mars, en direct depuis Matignon - comme pour donner l'exemple et rappeler la sacro-sainte règle de distanciation sociale.

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La première question soulevée par le journaliste portait sur l'évolution de l'épidémie. Alors que sa progression en France est censée coller au scénario italien, les chiffres y sont de plus en plus inquiétants. On a dépassé les 5 000 morts. Sur ce point, le premier Ministre est resté prudent, assurant "c'est ce contre quoi nous luttons" et d'ajouter qu'il fallait toutefois "rester humble". Hier, 186 décès ont été enregistrés en France, un record depuis le début de la pandémie. "Les effets du confinement ne pourront se réaliser qu'avec le temps", a-t-il rappelé.

Le but, on le sait, c'est que tout le monde ne soit pas malade en même temps, afin de permettre aux hôpitaux d'"accueillir le mieux possible l'accroissement des cas graves qui pourrait arriver". Or les soignants sont déjà submergés. 5 médecins sont morts ces derniers jours. 

Aussi, le Premier ministre a-t-il commencé par féliciter les soignants, assurant que le gouvernement s'organise pour "monter en puissance et faire face à cette vague". L'enjeu, c'est le nombre places en réanimation mais aussi en soins intensifs. Il y a aussi la question des masques. Ce soir, le premier Ministre semble avoir admis ce qu'on sait déjà tous. Nous ne disposons pas d'un stock suffisant. Au début de l'épidémie, nous avions une réserve de 117 millions de masques chirurgicaux, plus 40 millions de masques pédiatriques, a révélé Édouard Philippe.

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Encore plusieurs semaines de confinements à prévoir

"Le stock doit permettre de nous faire tenir dans la durée" a-t-il commenté, avant de rappeler que nous disposions de quatre fabricants qui travaillaient déjà à pieds d'oeuvres, et que la Chine devrait nous en envoyer.

Vient ensuite les règles liées au confinement. Les images des Français qui continuent à sortir, au mépris des règles, fourmillent sur les réseaux sociaux. Selon Gilles Bouleau, les forces de l'ordre ont procédé à 110 000 verbalisations depuis le début du confinement. 

La fin de la quarantaine? "Ce n'est pas pour demain", a tranché Édouard Philippe. Une manière de dire que le délai de deux semaines sera allongé, certainement de "plusieurs semaines" a-t-il lâché. Il a ensuite rappelé le montant de l'amende, d'abord fixé à 38 euros, pour atteindre aujourd'hui jusqu'à 1 500 euros en récidive.

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Quant à celles et ceux qui s'arrachaient les cheveux sur le sens à donner aux "déplacements dérogatoires", le Premier ministre a reconnu que ce n'était pas suffisamment clair. C'est pourquoi une nouvelle ordonnance qu'il doit signer ce soir, rentrera en application dès demain.

Elle précisera notamment que l'activité sportive individuelle (et donc le jogging) c'est à 1km ou 2km du domicile, seul et pour une durée d'une heure maximum. Il faudra donc désormais préciser l'heure de sortie sur son attestation dérogatoire.

Obsèques et chômeurs en fin de droits

Édouard Philippe a également annoncé la fermeture des marchés ouverts. Une règle soumise à dérogation selon l'appréciation du préfet, au risque, encore une fois, de semer le trouble dans l'esprit des Français. 

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S'agissant de la chloroquine, ce médicament peut désormais "être utilisé dans des cas graves et sévères en milieu hospitalier sur décision collégiale des médecins", a déclaré le Premier ministre, confirmant l'annonce du ministre de la Santé Olivier Véran quelques heures plus tôt. 

"Nous n'allons pas autoriser la mise sur le marché", s'est empressé d'ajouter Édouard Philippe. 800 patients vont toutefois entrer dans des tests cliniques pour voir les effets de cette molécule. "Et d'autres", a-t-il ajouté, comme pour rappeler que plusieurs médicaments peuvent permettre d'aider à résoudre cette crise.

Dans la dernière partie de son interview, le Premier ministre a rassuré les entreprises, et vanté le chômage partiel présenté comme "le système le plus généreux d'Europe". Le gouvernement est actuellement penché sur le volet économique de la crise.

Chaque domaine sera traité au cas par cas. Le Premier ministre a cité en exemple les voyagistes. Toutes les personnes qui ont vu leur voyage annulé à cause de la crise seront remboursées sous forme de coupons, a-t-il annoncé.

Pour le reste, 24 textes seront révélés la semaine prochaine pour garantir la sécurité économique de chaque secteur. S'agissant des chômeurs en fin de droits, "aussi longtemps que l'état d'urgence sanitaire durera, leurs droits seront préservés". Idem pour les intermittents du spectacle.

Enfin pour les obsèques, désormais à huis clos en Italie, une vingtaine de personnes pourront y assister en France.

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Par Clothilde Bru, publié le 23/03/2020