© THOMAS KIENZLE / AFP

Coronavirus : l'Allemagne fait un demi-million de tests par semaine

C'est ce qui expliquerait que le taux de mortalité y est si bas.

L’Allemagne a augmenté le nombre des dépistages du Covid-19 à 500 000 par semaine, cette détection précoce aidant en partie à maintenir le nombre des morts à un niveau relativement bas, a déclaré un virologue jeudi 26 mars.

"La raison pour laquelle l’Allemagne compte si peu de décès par rapport au nombre des personnes infectées peut s’expliquer par le fait que nous faisons beaucoup de diagnostics en laboratoire", a expliqué au cours d’une conférence de presse Christian Drosten, le chef du département virologie à l’hôpital de la Charité à Berlin. "Nous effectuons un demi-million de tests chaque semaine en Allemagne", a-t-il précisé.

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L’Allemagne, pourtant fortement touchée par la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus avec actuellement officiellement 36 508 cas répertoriés, ne compte en revanche que 198 morts de la maladie. De fait, ce pays connaît l’un des taux de mortalité des personnes souffrant du Covid-19 les plus faibles du monde avec 0,5 % alors qu’il atteint 5,2 % en France et 7 % en Espagne par exemple.

Selon le ministre de la Santé, Jens Spahn, jusqu’à 500 000 tests ont été effectués "la semaine passée en Allemagne", avec "à peu près 10 %" de résultats positifs au Covid-19. "Ceci devrait représenter le plus grand nombre de tests pour un pays dans le monde en chiffres absolus et relatifs", a-t-il affirmé.

L’Allemagne aurait également commencé à effectuer des tests plus tôt que les autres pays touchés par la pandémie.

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Ouvrir la porte à des traitements déjà existants

Christian Drosten a en outre expliqué que l’important maillage de laboratoires sur tout le territoire allemand avait aussi facilité la prise de conscience rapide face au virus et la nécessité d’effectuer des tests de manière massive et le plus rapidement possible.

Le ministère allemand de la Recherche a dit vouloir débloquer une enveloppe de 150 millions d’euros pour soutenir la mise en place d’un réseau permettant d’améliorer davantage les échanges entre laboratoires et hôpitaux universitaires.

Ce réseau aura aussi pour mission de compiler des données sur tous les patients atteints du Covid-19 afin d’avoir une vue d’ensemble de leurs antécédents médicaux et de leur constitution et d’aider à concevoir un vaccin.

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Christian Drosten s’est aussi déclaré en faveur d’un assouplissement des règles concernant la recherche d’un traitement. "Nous sommes actuellement dans une situation où nous avons besoin d’un pragmatisme inhabituel. Nous voulons essayer des médicaments immédiatement disponibles pour combattre les effets de cette nouvelle maladie. Nous devons pour cela gagner du temps", a expliqué le virologue.

Dans ce but, il a estimé qu’il revenait aux autorités sanitaires de décider quels risques elles étaient prêtes à prendre pour tenter d’aider une population vulnérable comme celle des personnes les plus âgées.

Il s’est également dit "sceptique" vis-à-vis de la chloroquine pour combattre la maladie, estimant que les études n’étaient pour le moment pas suffisamment probantes. En revanche, il a souligné que d’autres substances, comme le vavipiravir, utilisé pour combattre la grippe, s’avéraient plus prometteuses.

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Pour l’ensemble des substances potentiellement efficaces contre le Covid-19, "il est important de ne tester ces médicaments que dans le cadre d’études cliniques", a mis en garde Susanne Herold, la directrice du département d’épidémiologie de l’hôpital universitaire de Giessen.

Konbini news avec AFP

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Par Clothilde Bru, publié le 26/03/2020