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Coronavirus : ce que les Italiens ont le droit de faire (ou non) pendant la quarantaine

Peuvent-ils faire leurs courses, aller chez le docteur ou encore rendre visite à leurs proches ?

Stupeur lundi 9 mars en Italie. En début de soirée, le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé qu’il allait élargir la quarantaine qui concerne déjà plusieurs régions du nord du pays, afin de stopper la propagation du coronavirus.

L’Italie est devenue le deuxième pays au monde le plus touché par l’épidémie, derrière la Chine. Rome faisait état de 9 172 cas  et 463 décès ce mardi 10 mars, rappelle Le Figaro. Hier, les autorités italiennes annonçaient 1 800 cas supplémentaires. 

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"Nous n’avons pas le temps. Les chiffres montrent qu’il y a eu une augmentation significative du nombre des infections, des patients en soins intensifs et des décès”, a déclaré le chef du gouvernement italien selon une traduction de Courrier international. 

Aux grands maux, les grands remèdes. Rome a donc décidé de prendre des mesures aussi drastiques que la Chine, d’où est partie l’épidémie en fin d’année dernière, et où la politique d’extrême confinement commence à porter ses fruits.

L’Italie est le premier pays au monde à imposer une limitation stricte des déplacements sur l’ensemble de son territoire pour tenter d’endiguer l’épidémie. Depuis ce mardi matin, la botte est sous cloche, jusqu’au 3 avril. 60 millions d’habitants sont concernés. Que peut-on faire lorsqu’on est en quarantaine ?

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Déplacements limités  

Le gouvernement italien a publié un décret faisant de la totalité du pays une "zone protégée" – une locution nettement moins anxiogène que "zone rouge", privilégiée jusqu’alors. Selon ce texte entré en vigueur ce mardi matin et décortiqué par le Corriere de la Serra, il est interdit de quitter son domicile sauf pour des "impératifs professionnels avérés" ou "de graves besoins familiaux ou de santé" ou des besoins normaux, comme faire ses courses. 

S’agissant du travail, le quotidien italien ajoute qu’il faut pouvoir "expliquer à la police que sans vous, votre entreprise ne fonctionne pas intelligemment ou que, pour votre poste, il est impossible de ne pas être physiquement présent dans l’entreprise."

S’agissant des obligations familiales, le décret est relativement souple : "vous pouvez sortir pour aider un membre de la famille malade ou aller chercher vos enfants en cas de séparation." 

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Il est également possible de sortir pour aller chez le médecin. Toutefois, celles et ceux qui ont 37,5 °C – soit la température moyenne du virus – ne doivent surtout pas quitter leur domicile. Il ne faut surtout pas aller aux urgences, mais privilégier les numéros gratuits. 

Quoi qu’il en soit, et pour tout déplacement, il faut se munir d’un formulaire d’“auto-certification” disponible en ligne, et sur lequel il faut motiver les raisons de sa sortie. Il faut le garder avec soi à tout moment, en cas de contrôles de police. 

Ni messe, ni enterrement

Il est également possible de sortir pour faire ses courses. Les magasins resteront ouverts précise le journal. C’est pourquoi il est inutile et préjudiciable de faire des stocks de nourriture.

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Lundi soir, après la publication du décret, des supermarchés de nuit ont été pris d’assaut à Rome ou Naples.

Les pharmacies resteront ouvertes ainsi que les bars et les restaurants qui devront toutefois respecter un couvre-feu à 18 heures. Les grands évènements sportifs comme le championnat italien sont suspendus, bien que selon Le Corriere de la Serra, le gouvernement italien n’interdit pas les sports en plein air comme la course à pied. 

De manière générale tous les rassemblements seront interdits jusqu’au 3 avril. Ce qui signifie qu’il n’y aura ni messe ni enterrement. De même les musées, les cinémas, les théâtres ainsi que les écoles et les universités resteront fermés pour les prochaines semaines. 

Enfin, quelle que soit la raison de son déplacement, le décret intime aux Italiens de respecter une distance de sécurité d’un mètre. 

Par Clothilde Bru, publié le 10/03/2020