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Corée du Sud : des centaines de médecins en grève pour protester contre une nouvelle loi sur l’avortement

Alors que l’avortement est déjà illégal en Corée du Sud, une loi veut sanctionner un peu plus sévèrement les médecins qui le pratiquent malgré tout.

En Corée du Sud, avorter est illégal, sauf dans 3 cas de figure : le viol — à charge de la victime de le prouver —, l’inceste ou en cas de danger pour la santé de la mère. Les médecins qui contreviennent à cette loi datant de 1953 s’exposent à deux ans de prison. Les patientes de leur côté peuvent écoper d’un an d’emprisonnement. Comme si ce n’était pas suffisamment dissuasif, le ministère sud-coréen de la Santé a souhaité modifier début août cette réglementation.

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Désormais, les médecins qui se risquent à pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG) peuvent être suspendus pendant un mois, sans même avoir été condamnés au pénal, rapporte Le Figaro.

3 000 avortements illégaux par jour

Les autorités médicales ont même qualifié l’avortement "d’action médicale immorale", au même titre que les agressions sexuelles contre les patients, un parallèle inacceptable pour les praticiens. Afin de protester, ils se sont donc mis en grève, tant que le gouvernement ne renonce pas à ces mesures. Par ailleurs, la loi de 1953 est actuellement examinée par la Cour constitutionnelle coréenne.

Malgré la loi, 3 000 avortements sont pratiqués chaque jour en Corée du Sud, selon des chiffres de l'Université coréenne des obstétriciens et des gynécologues relayés par RFI. Une femme sur 5 qui a déjà connu une grossesse aurait déjà subi un avortement.

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Comme dans beaucoup de pays où l’avortement est illégal, des centaines de Coréennes choisissent de partir dans des pays voisins pour avorter.

Par Clothilde Bru, publié le 30/08/2018

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