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Chine : un manuel explique que les femmes se font agresser parce qu’elles sont "jolies"

Publié le

par Clothilde Bru

© Richard Sharrocks / Getty Images

Ou encore "frivoles", "peureuses", "faibles".

Une université chinoise s’est défendue, vendredi 25 septembre, de tout sexisme, malgré le tollé suscité par un manuel expliquant les agressions sexuelles des femmes par le fait qu’elles sont "jolies", "frivoles" ou "résistent difficilement aux tentations".

L’Académie des Beaux-arts de la grande ville de Hangzhou, dans l'est de la Chine, distribue cet épais fascicule à tous les nouveaux étudiants de l’établissement, pour leur donner notamment des conseils en matière de sécurité personnelle.

Le manuel affirme que les filles "sont jolies, frivoles, peureuses, faibles, n’ont pas la force de se défendre, aiment bien garder leurs secrets pour elles, […] ont une faible volonté et résistent difficilement aux tentations".

Parmi les autres facteurs susceptibles d’entraîner une agression sexuelle, le texte souligne également le fait que les femmes "accordent une grande attention aux vêtements et au maquillage" et "recherchent aveuglément le confort matériel".

Un responsable de l’université s’est défendu vendredi, affirmant que les phrases incriminées, largement diffusées ces derniers jours dans la presse et sur les réseaux sociaux, avaient été "sorties de leur contexte".

"C’est le retour à la société féodale"

"Nous ne discriminons en aucune manière les femmes", a-t-il souligné. Des propos qui ont encore jeté de l’huile sur le feu sur Internet.

"Même si une femme court nue, ce n’est pas une raison valable pour la violer, a réagi un utilisateur du populaire réseau social Weibo (équivalent en Chine de Twitter). N’essayez pas de faire de la victime une coupable !"

"On est au XXIe siècle. Ce texte, c’est le retour à la société féodale", a écrit un autre.

La Chine a progressé ces dernières années en termes de protection contre le harcèlement sexuel, dans un pays où les agressions physiques sont sensiblement moins importantes qu’en Occident.

Sa définition a ainsi été étendue dans le premier Code civil chinois voté en mai 2020, afin d’inclure par exemple les actes déplacés sur le lieu de travail. Mais beaucoup de femmes hésitent encore à porter plainte.

Konbini news avec AFP

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