© AFP PHOTO /BRUNEI PRIME MINISTERS OFFICE

Brunei : l’homosexualité et l’adultère punis de la mort par lapidation dès aujourd’hui

La loi rentre en vigueur dès aujourd’hui, malgré les condamnations de la communauté internationale.

Le 3 avril marquera désormais un jour noir dans l’histoire du sultanat de Brunei. Le nouveau Code pénal de cet État d’Asie du Sud-Est entre en vigueur ce mercredi et avec lui, la peine de mort par lapidation pour adultère ou homosexualité.

La législation était déjà très stricte dans ce pays de l’île de Bornéo, puisque fêter Noël ou avoir des enfants hors mariage était passible d’une peine de prison. Mais dorénavant, l’application la plus stricte de la charia entraînera également des sévices corporels comme l’amputation d’un pied ou d’une main en cas de vol.

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Le viol, au même titre que l’insulte au prophète Mahomet, sera également passible de peine de mort, souligne l’AFP.

La semaine dernière, l’acteur George Clooney avait mis cette nouvelle législation sur le devant de la scène médiatique en appelant au boycott des hôtels appartenant à la pétromonarchie, déclarant :

"À chaque fois qu’on séjourne, ou qu’on organise des réunions, des dîners dans un de ces neuf hôtels, on met de l’argent directement dans les poches d’hommes qui choisissent de lapider et de fouetter à mort leurs propres citoyens parce qu’ils sont homosexuels ou accusés d’adultère."

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La commissaire des Droits Humains à l’ONU et ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, avait elle aussi appelé le Brunei à faire marche arrière, arguant : "toute législation fondée sur la religion ne doit pas violer les droits de l’Homme, y compris ceux des personnes appartenant à la religion majoritaire ainsi que ceux des minorités religieuses et des non-croyants".

Dans un court communiqué, le ministère des Affaires étrangères français a quant à lui déclaré ce matin que la France était "très préoccupée par cette décision contraire aux engagements internationaux pris par le Brunei Darussalam en matière de droits de l’Homme", citant notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, signée par le sultanat en 2015. Il a également appelé la monarchie à "renoncer à ce projet", visiblement en vain.

Par Astrid Van Laer, publié le 03/04/2019

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