Blocus des lycées : les syndicats toujours déterminés

Depuis une dizaine de jours plusieurs lycées sont perturbés ou bloqués. Jusqu’à quand le mouvement peut-il tenir ?

(© Konbini news)

Jeudi 13 décembre, quelques blocages de lycées étaient à déplorer à Montpellier, Rennes ou encore Nîmes. Mais la mobilisation des lycéens qui perturbent depuis une dizaine de jours leurs établissements un peu partout en France semble s’essouffler.

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Dans le sillage du mouvement des gilets jaunes, les jeunes se mobilisent depuis novembre pour protester contre diverses mesures liées à l’éducation parmi lesquelles : Parcoursup, la réforme du bac ou encore le service national universel.

Le dernier épisode en date, c’est cet appel à un "mardi noir" le 11 décembre dernier, relativement suivi. 450 lycées ont été perturbés dont 60 bloqués. Nous étions au cœur de la manifestation qui se tenait à Paris dans le quartier Saint-Michel, où des étudiants se sont joints à la mobilisation.

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Depuis, le jeu semble s’être un peu calmé. L’attaque de Strasbourg qui a fait 3 morts et 13 blessés mardi dans la soirée y est aussi pour beaucoup. La Fédération indépendante et démocratique lycéenne, (FIDL) a appelé au calme pendant les jours qui ont suivi. Selon son vice-président Marouane Majrar joint par Konbini news "c’est aussi l’occasion pour nous de mieux nous organiser". Le jeune homme ne veut surtout pas donner l’impression que le mouvement connaît un creux.

"On est en position de force en ce moment, il est hors de question de reculer"

D’autant que le front lycéen est relativement désorganisé. Du côté de l’Union nationale lycéenne, il n’y a aucune pause dans la mobilisation. Selon Louis Boyard son président, l’action continue : "on est en position de force en ce moment, il est hors de question de reculer". Il évoque dès demain un rassemblement organisé par la CGT-FO auquel les lycéens pourraient se greffer. La FIDL envisage aussi "d’envoyer des lycéens." Ils espèrent tous parvenir tôt ou tard à une "convergence des luttes" avec les étudiants et les gilets jaunes.

Selon nos informations, le ministre de l’Éducation national refuse pour lors de recevoir les syndicats étudiants. Les élus en sont donc réduits à négocier avec l’entourage du ministre qui leur promet des "mesurettes" autour de la réforme du baccalauréat.

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Lundi prochain doit se tenir le comité national de vie lycéenne habituellement présidé par le ministre de l’Éducation national. C’est au terme de cette rencontre, avec des élus de la FIDL, du SGL (syndicat général des lycéens) et de l’UNL que les élus espèrent pouvoir encore faire pression. "Cela va définir si on amplifie ou pas la mobilisation" explique à Konbini news Nabil Hedar porte-parole du SGL. Sur ce point-là, ils sont tous d’accord : il y a peu de chances d’obtenir quoi que ce soit, et donc "ça ne s’arrêtera pas" assure le porte-parole du SGL.

Reste les vacances de Noël qui arrivent à grands pas et qui sont dans les têtes de tous ces jeunes militants. La mobilisation déjà parcellaire survivra-t-elle au passage en 2019 ?

Par Clothilde Bru, publié le 13/12/2018

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