A protestor wearing a « yellow vest » (gilet jaune) stands behind railings as he demonstrates against rising costs of living in the Champs Elysees in Paris on December 8, 2018. – Paris was on high alert on December 8 with major security measures in place ahead of fresh « yellow vest » protests which authorities fear could turn violent for a second weekend in a row. (Photo by ABDUL ABEISSA / AFP)

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Un avocat égyptien arrêté pour avoir posé avec un gilet jaune sur Facebook

L’Égypte ne plaisante vraiment pas avec les gilets jaunes.

Lundi 10 décembre, un avocat égyptien a été arrêté à la suite d'une photo postée sur son compte Facebook sur laquelle on le voit arborant un gilet jaune, symbole qui inquiète Le Caire au plus haut point ces derniers jours.  

Selon Courrier international qui relaie une information du site égyptien Mada Masr, maître Mohamed Ramadan a été interpellé alors qu’il rentrait chez lui. Selon un autre avocat interrogé par le site internet, il est accusé d’appartenance à un groupe terroriste. On lui reproche également de s’être procuré des gilets jaunes et d’avoir diffusé de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Alors que l’Égypte s’apprête à célébrer le huitième anniversaire du soulèvement populaire de 2011, le 25 janvier prochain, le gouvernement redoute que les gilets jaunes ne contaminent le pays.

Aussi depuis plusieurs jours des consignes très strictes ont été données aux revendeurs du gilet de sécurité routière. Sauf dérogation délivrée par la police, les gilets jaunes sont interdits à la vente en Égypte jusqu’à fin janvier, soit après la date d’anniversaire.

Selon Arabi 1 Mohamed Ramadan était également accusé de détenir plusieurs exemplaires de cet accessoire devenu symbole de révolte. Par ailleurs, l’avocat n’est pas totalement inconnu des services de police. "Membre du parti politique Alliance populaire socialiste", il a déjà été condamné pour insulte envers le président.

En Égypte, les manifestations sont interdites. L’anniversaire de la révolution populaire qui avait conduit à la démission de Hosni Moubarak en 2011 et à une libéralisation du régime, est toujours un moment redouté par le président Abdel Fattah al-Sissi qui dirige le pays depuis 2014. Ce dernier n’hésite pas à réprimer les rassemblements parfois violemment.

Par Clothilde Bru, publié le 13/12/2018