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Australie : le Premier ministre soutient un membre de son gouvernement accusé de viol

Publié le

par Astrid Van Laer

Christian Porter. À sa droite, Scott Morrison. Avril 2020. © AAP Image/Mick Tsikas

Le chef du gouvernement a indiqué avoir "hâte qu’il reprenne ses fonctions une fois [son] congé terminé".

Jeudi, le Premier ministre australien Scott Morrison a apporté son soutien à un poids lourd de son gouvernement visé par des accusations anciennes de viol, avant de rejeter les demandes d’ouverture d’une enquête.

L’attorney general australien Christian Porter, qui est le principal conseiller juridique du gouvernement, a catégoriquement rejeté mercredi les accusations de viol, qui aurait été commis en 1988 sur une adolescente alors âgée de 16 ans et aujourd’hui décédée.

Scott Morrison a eu jeudi une pensée pour la famille et les proches de la jeune femme qui traversent une "période douloureuse", avant d’annoncer son intention de maintenir Christian Porter à son poste. La veille, ce dernier avait affirmé qu’il ne démissionnerait pas, mais avait annoncé qu’il prendrait quelques jours pour tenter de se remettre du stress généré par cette affaire.

"Je suis heureux qu’il prenne un peu de temps pour obtenir de l’aide afin de faire face à cette série d’événements qui ont manifestement été très traumatisants, a déclaré Scott Morrison. J’ai hâte qu’il reprenne ses fonctions une fois ce congé terminé."

Mercredi, Christian Porter a révélé en pleurs qu’il était le ministre visé par des accusations anciennes de la victime présumée, qui s’est suicidée l’an passé sans jamais avoir porté plainte. La police a indiqué jeudi avoir été à de multiples reprises en contact avec elle et que, la veille de son suicide, elle leur a dit "ne plus être capable de faire un signalement, en invoquant des raisons médicales et personnelles".

Le Premier ministre a rejeté l’ouverture d’une enquête indépendante, affirmant que cela outrepasserait "l’État de droit", la police ayant classé l’affaire faute de "preuves recevables suffisantes". Selon Scott Morrison, limoger Christian Porter pourrait créer un précédent mettant en péril l’État de droit.

"Vache qui ment"

Cette nouvelle affaire a éclaté alors que l’exécutif a été ébranlé le mois dernier par d’autres accusations de viol. Une ancienne employée du gouvernement affirme avoir été violée en 2019 dans le bureau au Parlement d’une ministre, avant d’être lâchée par sa hiérarchie.

Alors âgée de 24 ans, Brittany Higgins travaillait depuis plusieurs mois pour Linda Reynolds, qui était alors ministre de l’Industrie de défense et est devenue depuis ministre de la Défense. Linda Reynolds qui, selon des médias, aurait traité son ex-employée de "vache qui ment", est actuellement en arrêt maladie. Tout en affirmant désapprouver ces "remarques offensantes", Scott Morrison lui a apporté son soutien.

"Je me suis entretenu de cette affaire avec la ministre Mme Reynolds", a-t-il affirmé, ajoutant : "elle sait que ces commentaires étaient inappropriés et erronés [...] ils ont été tenus dans son bureau privé au cours d'une semaine stressante".

De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la manière dont le gouvernement traite les accusations d'agressions et harcèlement sexuels. Le Parlement a été à plusieurs reprises critiqué pour être un milieu de travail "toxique". Ces dernières années, de nombreuses femmes ont dénoncé des faits de harcèlement ou comportement sexuels inappropriés en son sein. Le chef du gouvernement a indiqué qu'un nouveau service d'assistance téléphonique a été mis en place pour le personnel parlementaire et les élus qui ont besoin de conseils ou de soutien.

Konbini news avec AFP

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