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Après avoir "souffert le martyre", Bernard Tapie plaide pour le choix à décider de sa mort

Publié le

par Astrid Van Laer

© Jérôme Dominé/ABACA

Il a soutenu : "Exister, ce n’est pas utile ; vivre, c’est utile."

Alors que le débat sur l’euthanasie en France est régulièrement relancé, Bernard Tapie a accordé un entretien à LCI et, en cette occasion, s’est positionné très clairement. L’interview sera diffusée la semaine prochaine, mais la chaîne a d’ores et déjà révélé un extrait de celle-ci jeudi 8 juillet.

On y entend l’ancien ministre, atteint d’un cancer depuis plusieurs années, se confier sur les envies qu’il a eues, après des "douleurs très, très intenses" lors du mois de mai, qu’on "l’aide à mourir". Il a alors confié une discussion qu’il avait eue à ce sujet avec son épouse, Dominique Tapie :

"J’en ai parlé quand même, pour être franc, à ma femme. Puisque j’ai vécu là deux mois, dont un mois de douleurs très, très intenses, et où je me demandais si j’allais atteindre le seuil.

Je lui disais : 'Qu’est-ce que tu penses si à un moment donné je ne peux plus supporter les douleurs au point de me mettre dans un état comateux, est-ce que tu es d’accord pour anticiper le rendez-vous définitif ?' Elle me dit : 'Moi non'."

Et de livrer l’argument avancé par Dominique Tapie : "Parfois, le corps médical peut se tromper sur le pronostic irréversible de cette douleur." L’homme d’affaires, qui a expliqué être "dans une phase un peu moins douloureuse", a toutefois déclaré avoir "été pendant un mois à souffrir le martyre du matin au soir, à ne pas pouvoir [se] lever, à ne pas pouvoir manger".

"Ceux qui organisent le pays n’arrêtent pas de nous faire chier à vouloir nous faire vivre comme eux l’ont décidé"

"Et là, vous vous battez contre cette volonté d’y mettre un terme", a-t-il alors dit, confiant ensuite avoir ressenti "la volonté de se dire : 'J’arrête'". "Exister, ce n’est pas utile ; vivre, c’est utile", a alors asséné Bernard Tapie. Et l’ex-député soupçonné d’escroquerie et détournement de fonds publics de s’emporter :

"Ceux qui organisent le pays n’arrêtent pas de nous faire chier à vouloir nous faire vivre comme eux l’ont décidé. Qu’ils arrêtent de nous emmerder ! Vous voyez ?

[La mort] appartient à chacun. Est-ce que moi je vais m’occuper de la manière dont va mourir tel ou tel ministre ? Je m’en fous. C’est à lui de décider."

"Chacun a sa mort. Chacun doit la vivre comme il le sent […] Pour moi, ce n’est pas l’étape définitive, j’en suis persuadé. Et donc je le vis comme une étape", a-t-il encore dit. Ces derniers temps, de plus en plus de témoignages sur la fin de vie émergent pour alerter l’opinion publique sur cette problématique.

La semaine dernière, Lara, une jeune femme dont le père est décédé dans d’atroces souffrances dues à un cancer des os terrassant, nous a accordé une interview. En cette occasion, elle nous a présenté Mourir comme un chien, une bande dessinée inspirée de l’histoire de son père, véritable plaidoyer sincère mais non sans humour, pour la légalisation de l’euthanasie dans l’Hexagone.