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Amendes, mariages, enterrements, aides... : le point sur les annonces du gouvernement

Publié le

par Astrid Van Laer

Ian LANGSDON / POOL / © AFP

Concernant les cérémonies, les mariages seront limités à 6 personnes, les enterrements à 30.

Au lendemain de l’annonce du reconfinement pour 4 semaines par le président de la République, son Premier ministre Jean Castex et plusieurs membres du gouvernement ont pris la parole ce jeudi à 18 h 30 pour donner les contours de la stratégie adoptée par le gouvernement, dans le but de lutter contre la crise sanitaire, et préciser les restrictions auxquelles les Français vont faire face.

Après avoir rendu hommage aux trois personnes assassinées lors d’une attaque au couteau à Nice ce matin et annoncé avoir porté le plan Vigipirate à son niveau le plus élevé, Jean Castex en est venu au sujet du reconfinement, arguant : "La lutte contre le terrorisme, nous la menons de front comme la lutte contre l’épidémie."

Pour rappel, ce nouveau confinement entre en vigueur ce vendredi dès minuit et durera a minima jusqu’au 1er décembre."Il n’y a pas d’autre solution", a-t-il dit. Il concerne tout le territoire à l’exception des territoires d’outre-mer – sauf la Martinique.

Le chef du gouvernement a rappelé, comme l’indiquait hier Emmanuel Macron, qu’il y aurait trois changements majeurs par rapport au confinement du printemps, dans le but de protéger "notre droit à se soigner, travailler, s’éduquer, se former" : les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, le travail pourra continuer, les visites dans les Ehpad et maisons de retraite seront autorisées.

Retour de l’attestation et des amendes

C’est aussi le retour de l’attestation : comme la fois passée, il sera possible de sortir de chez soi une heure par jour, dans un rayon d’un kilomètre autour de son domicile, à condition de se munir de celle-ci pour "promener son animal domestique, faire de l’activité sportive et prendre l’air". Il sera possible de sortir, comme au printemps, pour des motifs professionnels, de santé, des motifs familiaux impérieux, répondre à des convocations judiciaires ou des convocations à des missions d’intérêt général, ou effectuer des distributions d’aide alimentaire ou des maraudes.

Forêts, parcs, jardins et plages resteront cette fois ouverts, a ensuite précisé le Premier ministre. Les guichets de La Poste et des banques seront ouverts. "Il n’est pas possible d’aller chez des amis ou de recevoir chez soi, dans la journée comme le soir, la semaine ou le week-end", a-t-il rappelé, ajoutant qu’il ne serait pas possible de voyager à l’intérieur du territoire national, avec une tolérance pour le retour des vacances de la Toussaint.

L’attestation est disponible sur le site du gouvernement et une amende de 135 euros sera appliquée en cas de non-respect du confinement. Les frontières intérieures à l’Union européenne resteront ouvertes, mais les frontières extérieures seront fermées, à moins de présenter un test négatif réalisé 72 heures à l’avance. Un test à l’arrivée sera imposé si cela n’était pas possible.

Les mariages limités à 6 personnes, les enterrements à 30

Les bars, restaurants et commerces autres que ceux de première nécessité, salles de sport, salons, foires, salles de cinéma, etc., seront fermés. Les dérogations qui existaient, par exemple, pour les commerces alimentaires, stations-service, tabacs, opticiens, garages ou encore les magasins d’équipement informatique, subsisteront. Les clients pourront aller chercher leurs achats faits en ligne ou bien être livrés.

Les crèches et établissements scolaires, lycée inclus, resteront ouverts. Les établissements périscolaires et centres de loisir également. Ce ne sera pas le cas, par contre, des clubs de sport. Les restaurants des hôtels seront fermés, seul le room service pourra fonctionner.

Les lieux de culte resteront ouverts, mais les cérémonies religieuses seront interdites, sauf pour les enterrements, dans la limite de 30 personnes, et les mariages, dans la limite de 6 personnes. Une tolérance aura lieu pour ce week-end de la Toussaint. La liste exhaustive des établissements qui resteront ouverts se trouve sur le site du gouvernement.

Le port du masque sera obligatoire dès six ans, a-t-il rappelé, après l’avoir annoncé ce matin dans l’hémicycle. Le ministre de l’Éducation nationale a ensuite pris la parole. "L’épidémie ne pourrait priver les élèves de tout lien avec l’école", a-t-il dit. Ce dernier a assuré qu’il y avait eu "peu de contaminations en milieu scolaire" depuis la rentrée, qualifiant l’école "d’espace sécurisé".

Port du masque dès le CP

Il a souligné le port du masque obligatoire à partir du cours préparatoire, invitant "tous les parents à équiper leurs enfants", mais expliquant que des masques seraient mis à disposition dans les écoles "en cas d’oubli ou de difficulté économique". Pour éviter le brassage des élèves, les récréations seront organisées par groupes. La restauration scolaire est maintenue, mais les élèves devront "autant que possible" être espacés d’un mètre.

Pour les universités et établissements d’enseignement supérieur, les cours devront être assurés en ligne, a précisé Jean Castex en reprenant la parole, détaillant certaines exceptions, comme les travaux pratiques.

Le recours au chômage partiel sera maintenu dans les domaines le nécessitant, a-t-il encore ajouté.

C’était ensuite au tour d’Élisabeth Borne de s’exprimer. Celle-ci a prôné le recours au télétravail massif quand cela était possible. "Ce n’est pas une option", a-t-elle dit, insistant sur la nécessité d'"éviter une chute de l’activité économique brutale". Les restaurants d’entreprise, pour celles qui continuent à accueillir leurs salariés en présentiel, sont maintenus avec un protocole sanitaire renforcé.

Nouveau fonds de solidarité

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a ensuite promis le "soutien total financier et moral" du gouvernement aux entreprises et assuré que le soutien économique de l’État serait "encore plus fort que lors du premier confinement".

Et le ministre d’annoncer, entre autres, la création d’un nouveau fonds de solidarité de "6 milliards d’euros par mois de confinement", ainsi que le versement d’une indemnité allant jusqu’à 10 000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés. Le coût total de toutes les mesures prises est évalué à 15 milliards d’euros par mois de confinement, a précisé Bruno Le Maire, qui a appelé les Français à "avoir des comportements économiques patriotiques".

Enfin, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a pris la parole. Si les salles accueillant du public seront fermées, les répétitions, les enregistrements et les tournages pourront se tenir, a-t-elle dit, évoquant encore la possibilité pour les librairies de mettre en place le système de "click and collect".

Elle a ensuite rappelé que les métiers de la culture seraient concernés par les aides énoncées précédemment, mais a toutefois précisé : "Des mesures spécifiques complémentaires seront mises en place pour tous ceux qui ne seraient pas concernés par les mesures transversales."

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