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Amazon reconnaît que certains de ses employés sont contraints d’uriner dans des bouteilles

Publié le

par Pauline Ferrari

© Ethan Miller / Getty Images AMÉRIQUE DU NORD / Getty Images via AFP

Le géant du commerce en ligne s’est excusé d’avoir nié l’existence de cette pratique.

La polémique a démarré la semaine dernière, par un tweet d’un élu démocrate à la Chambre des représentants, Mark Pocan. "Le fait que vous payiez vos employés 15 dollars de l’heure ne fait pas de vous 'un lieu de travail progressiste'", accusait-il, "quand vous faites uriner vos employés dans des bouteilles en plastique."

Un compte officiel d’Amazon avait directement répondu à l’élu sur Twitter : "Vous ne croyez pas vraiment à cette histoire de pipi dans des bouteilles, quand même ? Si c’était vrai, personne ne travaillerait pour nous." Plusieurs médias avaient par la suite rapporté de nombreux propos d’employés témoignant de l’existence de cette pratique. Les témoignages pointent notamment le manque de temps pour aller aux toilettes, causé par le rythme de travail imposé par Amazon. Le média The Intercept avait également affirmé s’être procuré des documents internes attestant qu’elle était bien connue des responsables de l’entreprise.

Des excuses en demi-teinte

Amazon s’est excusé en fin de semaine auprès de l’élu américain. "Nous devons des excuses au représentant Pocan", a déclaré l’entreprise dans son communiqué. "Le tweet était incorrect. Il ne prenait pas en compte notre grand groupe de chauffeurs et se concentrait à tort sur nos centres de distribution", où les employés peuvent "s’éloigner de leur poste de travail à tout moment" pour se rendre dans "les dizaines de toilettes" à leur disposition.

"Nous savons que nos chauffeurs peuvent avoir et ont des problèmes pour trouver des toilettes à cause de la circulation ou parfois de routes rurales, et cela a particulièrement été le cas avec le Covid, lorsque de nombreuses toilettes publiques ont été fermées", a déclaré l’entreprise dans un communiqué publié vendredi. Le problème concernant les chauffeurs d’Amazon est "ancien" et "généralisé à toute l’industrie", poursuit l’entreprise. "Nous aimerions le résoudre. Nous ne savons pas comment mais nous allons chercher des solutions", a-t-elle promis.

L’élu Mark Pocan a réagi samedi aux excuses lui ayant été adressées : "Il ne s’agit pas de moi mais de vos employés – que vous ne traitez pas avec assez de respect et de dignité. Commencez par reconnaître les conditions de travail inappropriées que vous avez créées pour TOUS vos employés", a-t-il tweeté. Il a également souligné la nécessité pour Amazon de laisser ses employés se syndiquer sans interférer.

Amazon est sous le feu des projecteurs aux États-Unis avec le vote, achevé cette semaine, sur la création d’un syndicat dans un entrepôt dans l’Alabama, qui serait le premier dans le pays. Les résultats n’ont pas encore été annoncés.

Konbini News avec AFP

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