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Allemagne : une voiture percute des passants dans une zone piétonne, au moins deux morts

Publié le

par Inès Roulaud

© Huettenhoelscher / Getty Image

La police n'est pas encore en mesure de dire s'il s'agit d'un accident, d'un geste d'un forcené ou d'un possible attentat.

Une voiture a percuté mardi 1er décembre des passants dans une zone piétonne à Trèves, en Allemagne, faisant au moins deux morts et une quinzaine de blessés. Son conducteur a été arrêté, a indiqué la police. Ce drame intervient dans un contexte de crainte d’attentats.

La police n’était pas en mesure mardi en début d’après-midi de préciser s’il s’agissait d’un accident, du geste d’un forcené ou d’un possible attentat à la voiture bélier. Au moins deux décès sont à déplorer, et une quinzaine de blessés, dont certains "grièvement", selon le maire de la ville, Wolfram Leibe, évoquant un "chauffeur fou". D’après la police, le véhicule a été saisi par les enquêteurs.

La police et la municipalité de Trèves ont demandé à la population d’éviter cette zone piétonne du centre de la ville où un important dispositif de sécurité a été déployé. Une courte vidéo de la zone piétonne montrait des étals renversés et des débris sur la chaussée. Un homme a été interpellé, a ajouté la police locale, sans plus de précisions.

Si l’origine de ces faits n’est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne. Les autorités allemandes sont sur le qui-vive concernant la menace islamiste pesant sur le pays, particulièrement depuis l’attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe État islamique qui avait fait 12 morts en décembre 2016 à Berlin. Cette attaque djihadiste est la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand.

Menaces djihadistes et d’extrême droite

Depuis 2009, les autorités allemandes ont déjoué 17 tentatives d’attentat de ce type, dont la majorité depuis l’attaque de 2016, selon le ministère de l’Intérieur. Dernièrement, un jeune Syrien de 20 ans est soupçonné d’avoir tué un passant au couteau dans la rue à Dresde et d’en avoir blessé un deuxième pour des motivations islamistes. Il a été arrêté.

Les forces de l’ordre ont aussi démantelé au printemps 2020 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie une cellule de terroristes présumés originaires du Tadjikistan liés au groupe État islamique, a indiqué le procureur antiterroriste, Peter Frank, le 1er novembre dernier. "L’Allemagne et l’Europe occidentale sont toujours dans la ligne de mire des islamistes radicaux", avait-il alerté.

Depuis 2013, le nombre d’islamistes considérés comme dangereux se trouvant en Allemagne a été multiplié par cinq, le chiffre s’établit actuellement à 615, selon le ministère de l’Intérieur. Celui des salafistes est lui évalué à environ 11 000, soit deux fois plus qu’en 2013.

En 2020, 320 nouvelles enquêtes ont été ouvertes en Allemagne comportant un lien avec la menace islamiste, un chiffre en baisse qui ne dit néanmoins "rien sur le danger qualitatif" de celle-ci, selon Peter Frank.

Outre l’attaque au camion-bélier sur le marché de Noël de la capitale, l’État islamique a revendiqué en 2016 un meurtre au couteau à Hambourg, un attentat à la bombe à Ansbach qui avait fait 15 blessés et tué l’assaillant, ainsi qu’une attaque à la hache dans un train en Bavière (cinq blessés) dont l’auteur a été abattu par la police.

L’Allemagne est aussi confrontée à un terrorisme d’extrême droite, avec plusieurs fusillades mortelles ces deux dernières années à Halle, le jour de Yom Kippour, ou Hanau, en février, visant des bars à chicha.

Konbini News avec AFP

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