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Agression d'une femme sur son terrain par des chasseurs : un premier jugement a eu lieu

Publié le

par Astrid Van Laer

"J'ai très mal vécu le verdict", nous explique Nathalia.

"Je ne comprends pas cette justice" : l’un des agresseurs de Nathalia C. était jugé vendredi 11 septembre. Pour rappel, la jeune femme a été agressée par des chasseurs en novembre dernier sur un terrain familial qui lui appartient, dans le sud de la France.

Celui-ci est classé "refuge biodiversité" et "LPO" (Ligue pour la protection des oiseaux), c’est-à-dire que la chasse y est interdite, et ce depuis l’année dernière. Elle vivait dans ce qu’elle qualifie de "petit paradis" depuis quelques années avec ses chevaux, chats, chiens, et ses poules sauvées de l’abattage.

La jeune femme parle de relations avec les chasseurs de la région qui étaient autrefois plutôt respectueuses. Elle évoque même "un accord tacite avec les anciennes générations de chasseurs" : "On mettait des panneaux pour leur laisser l’accès à la rivière, à condition que ce soit dans le respect mutuel." Mais, depuis quelques années, la situation s’est tendue, certains chasseurs se permettant de "passer dans les clôtures et tirent dans les enclos", ce qui terrorisait ses chevaux.

Jusqu’en novembre 2019, où Nathalia est réveillée par des coups de fusil à seulement quelques mètres de son habitation. Elle tente d’expliquer aux chasseurs qu’ils n’ont pas le droit de tirer sur sa propriété privée, mais la situation s’envenime et dégénère rapidement : les deux hommes deviennent menaçants. Elle décide alors, sur les conseils du garde-chasse de sa commune, de filmer la scène afin d’avoir des preuves pour porter plainte.

Un dépôt de plainte qui ne sera pas sans conséquences puisque, une dizaine de jours plus tard, un homme armé est venu les terroriser en pleine nuit, ce qu’elle prend pour des représailles. C’est là que tout s’enchaîne : en 48 heures, Nathalia et tous ses animaux quittent leur domicile et sont éparpillés dans la région.

La jeune femme, traumatisée, a dû être suivie psychologiquement et a alors perdu toutes ses sources de revenus en peu de temps. Nous avions recueilli son témoignage en mai dernier :

"Ça a remué beaucoup de choses"

Une audience s’est donc tenue vendredi dernier. L’un des deux hommes était poursuivi par le Tribunal de Police pour des "violences n'ayant entrainé aucune incapacité de travail", nous explique l'avocate de Nathalia. Le second, en qualité de témoin, n’était pas présent.

L’accusé a écopé d’une amende contraventionnelle de 135 euros ainsi que l’obligation d'"indemniser le préjudice de la partie civile à hauteur d'une somme globale de 900 € comprenant 500€ au titre du préjudice moral et 400€ au titre des frais de procédure".

Une simple "petite tape sur le doigt" pour Nathalia, qui a depuis cette affaire pu retrouver tous ses animaux et vivre à nouveau "tous en tribu", mais est toujours hébergée chez des amis. Elle estime que "le juge a été clément"."Est-ce que ça vaut la peine de se battre si la justice ne suit pas derrière ?", s’interroge-t-elle, expliquant : "Ça m’a sciée." Avant de poursuivre :

"J’ai très mal vécu le verdict. Ça a remué beaucoup de choses. J’étais soutenue par mes amis mais, depuis, j’ai du mal à dormir à nouveau, je trouve ça injuste. Les juges ont été cléments car ce monsieur s’est excusé mais, les excuses, ça ne suffit pas."

Les deux parties disposent encore de six jours pour user de leur droit à faire appel du jugement. "Il faut voir si ça vaut le coup", explique celle qui espérait a minima un retrait du permis de chasse de l’accusé pour six mois, voire un an.

Une nouvelle audience est attendue le 9 octobre prochain pour juger l’homme qui était entré par effraction à son domicile en pleine nuit.