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Afghanistan : à gauche, les propos de Macron sur l’immigration ne passent pas

Publié le

par Pauline Ferrari

© Capture Twitter

Le discours du président a provoqué l’indignation de plusieurs figures politiques et des internautes.

Plusieurs responsables de gauche se sont indignés mardi suite aux propos d’Emmanuel Macron – qui a affirmé que "nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants" – tenus lundi dans son intervention sur la situation en Afghanistan.

Lors d’une allocution télévisée lundi à 20 heures, le chef de l’État a déclaré : "La France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés […] Mais l’Afghanistan aura aussi besoin, dans les temps qui viennent, de ses forces vives et l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature."

Le député européen EELV Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste pour la présidentielle de 2022, s’est dit sur Twitter "sidéré d’écouter Emmanuel Macron déclarant que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l’enfer des talibans sont d’abord une menace, des 'migrants irréguliers', avant d’être des victimes et potentiellement des réfugiés". Et Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, d’ajouter : "Et l’asile ? Et ces enfants, ces femmes, ces hommes qui fuient l’horreur ?" "Macron fait honte à la France", a affirmé le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle, autre candidat pour la primaire.

Le poids des mots

Du côté de la gauche de la gauche, les réactions sont aussi virulentes. "Comment rabougrir la France en une poignée de secondes", a affirmé le député La France insoumise du Nord Adrien Quatennens, tandis que ses collègues de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain et Éric Coquerel ont dénoncé une réponse "sordide".

"'Flux migratoires irréguliers', c’est donc ce terme que les femmes et les hommes qui s’accrochent aux ailes des avions à Kaboul auront inspiré à Emmanuel Macron", a regretté le député ex-LREM Aurélien Taché, que le gouvernement avait chargé en 2017 d’un rapport sur l’intégration, avant qu’il ne prenne ses distances avec la majorité. Celui-ci fait référence à de nombreuses images ayant circulé sur les réseaux sociaux et montrant l’aéroport de Kaboul plein à craquer, la population afghane s’entassant dans des avions pour tenter de fuir.

"Quel cynisme. Quelle honte", s’est indignée la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, tandis que son collègue Rémi Féraud jugeait cette intervention "digne d’un mauvais président de droite". Il faut "protéger toutes celles et tous ceux qui relèvent désormais du droit d’asile", a affirmé le patron du PS Olivier Faure.

Les réactions ne se sont pas fait attendre sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes dénonçant un discours déshumanisant et loin des réalités de l’exil du peuple afghan. "Du mauvais côté de l’histoire", a commenté Sherine Tadros, cheffe du bureau new-yorkais de l’ONG Amnesty International. Les propos d’Emmanuel Macron ont également été raillés par le lanceur d’alerte Edward Snowden d’un tweet lapidaire : "Emmanuel Le Pen !", hashtag qui a commencé à devenir viral pour critiquer le président.

Devant le début de polémique, le chef de l’État a précisé lundi peu avant minuit sur Twitter à propos de ses déclarations, "que certains veulent détourner", que "la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés".

Konbini news avec l’AFP

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