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Affaire Théo : les trois policiers renvoyés devant la cour d'assises

Publié le

par Astrid Van Laer

Théo, en octobre 2017. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Ils seront jugés pour "violences volontaires".

Les trois policiers impliqués dans l’interpellation violente de Théo, qui avait relancé en 2017 le débat sur les violences policières, seront jugés, fait rare, devant une cour d’assises pour "violences volontaires", a annoncé le parquet de Bobigny.

La juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’agression de ce jeune homme noir d’Aulnay-sous-Bois a décidé de renvoyer devant les assises le principal accusé pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, et les trois fonctionnaires pour violences volontaires avec circonstances aggravantes.

La juge a en revanche abandonné les poursuites pour viol, comme le préconisait le parquet, qui estimait dans son réquisitoire rendu en octobre que "les éléments constitutifs du crime de viol n’étaient pas réunis". Un non-lieu a par ailleurs été ordonné concernant un quatrième policier qui avait été témoin de la scène.

Pour rappel, Théodore Luhaka, 22 ans à l’époque, avait été grièvement blessé par un coup de matraque dans la zone rectale. C’est parce qu’il est désormais handicapé à vie que les policiers seront jugés par une cour d’assises, juridiction pénale compétente pour juger les crimes.

"Aucun cadre légal ne pouvait justifier l’exercice de la force à son égard"

Le 2 février 2017, peu avant 17 heures, Théo avait été interpellé dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et la scène avait été filmée par des caméras de vidéosurveillance. Alors que des policiers tentent de l’immobiliser, le jeune homme se débat puis s’effondre. Il est ensuite emmené à quelques mètres, hors du champ de la caméra.

Cinq jours après les faits et leur retentissement national, Théo Luhaka avait reçu la visite à l’hôpital de François Hollande, alors président de la République. Sur son lit, le jeune homme avait lancé un appel au calme, après des tensions lors de rassemblements de soutien.

En parallèle, la Défenseure des droits Claire Hédon a publié mardi un rapport sur cette interpellation, dans lequel elle réclame des sanctions administratives à l’encontre des quatre agents de la Brigade de sûreté de terrain (BST).

Le rapport pointe "plusieurs gestes […] disproportionnés". Une fois "maîtrisé, assis au sol, menotté dans le dos et grièvement blessé, aucun cadre légal ne pouvait justifier l’exercice de la force à son égard", écrit Claire Hédon, en rappelant que le jeune homme a été arrêté "sans que le motif d’interpellation ait pu être clairement établi".

Konbini news avec AFP

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