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Affaire Leïla N. : sa plainte contre les policiers classée sans suite en un temps record

Publié le

par Lila Blumberg

Indigné, son avocat va déposer une plainte avec constitution de partie civile.

Le 19 août 2019, Leïla N., témoin d’une agression dans la rue, a appelé la police. Elle a finalement été agressée par un policier et a déposé plainte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique" quelques jours plus tard, le 26 août. Le 16 juillet dernier, la victime a déposé une seconde plainte pour "faux en écriture publique, dénonciation calomnieuse et abus d’autorité". Cette dernière vient d’être classée sans suite. 

Contacté par Konbini news, l’avocat de Leïla N. est révolté : "J’ai eu des classements sans suite, mais jamais en deux semaines." Il précise que lorsqu’une plainte est déposée et que de nouvelles pièces sont produites, une enquête doit être réalisée, une confrontation entre les parties doit être organisée. "En général, le classement sans suite arrive entre six mois et un an après la plainte", souligne l’avocat, selon qui il est difficilement imaginable qu’une enquête ait été menée en si peu de temps. À titre d’exemple, la première plainte déposée en août 2019 a été classée sans suite en février 2020, soit six mois plus tard. Ce classement sans suite a d’ailleurs été contesté par Leïla et son avocat.

Dans l’avis de classement du 3 août 2020 que nous avons pu consulter, la motivation est la suivante : "Les faits ou les circonstances des faits de la procédure n’ont pu être clairement établis par l’enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l’infraction soit constituée, et que des poursuites pénales puissent être engagées."

Leïla N. confie être elle aussi révoltée. "Ils ont tous les éléments, ils ont la preuve des infractions reprochées, c’est injuste." "Pour moi, c’est du déni de justice", poursuit celle qui se demande : "Quel message veulent-ils faire passer aux citoyens ?"

L’avocat rappelle que le "faux en écriture publique" est une infraction "très grave" et déplore que "ça n'[ait] pas été pris en compte". En effet, si cette infraction est en principe un délit, elle est requalifiée en crime par le Code pénal (article 441-4) lorsqu'elle est commise "par une personne dépositaire de l’autorité publique" et les peines sont portées à "quinze ans de réclusion criminelle et à 225 000 euros d’amende". Les crimes, qui sont jugés devant une cour d’assises, regroupent les infractions les plus graves.

"C’est révoltant", conclut l’avocat qui va déposer une plainte avec constitution de partie civile afin qu’un juge d’instruction déclenche une enquête.