À voir : la campagne drôle (et choc) de Lausanne contre le harcèlement de rue

La ville de Lausanne diffuse une vidéo de deux minutes avec l’humoriste suisse Yann Marguet (ainsi que Catherine Millet et Donald Trump).

Peu réputée pour son humour poilant et son sens de la gaudriole, la ville de Lausanne a frappé néanmoins très fort en lançant une campagne de sensibilisation contre le harcèlement de rue. Une campagne qui s’avère être… très drôle. Cette vidéo réalisée par Messieurs.ch nous propose la visite du musée du Harcèlement de rue, comme si ce phénomène (hélas courant) appartenait au passé.

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Le guide du musée ? L’humoriste suisse Yann Marguet. Portant pour l’occasion une très belle paire de lunettes marron, il donne une définition assez claire du harcèlement de rue :

"Le comportement primitif du harcèlement de rue peut prendre diverses formes, telles que la main aux fesses, grand classique, la caresse dans les cheveux non sollicitée, l’insulte, etc., toutes ces choses, en fait, qui rappellent ce type de harcèlement d’époque, qui était exercé sur la voie publique."

Il emmène ensuite les visiteurs, très surpris par cette violence de jadis, devant un mur couvert des inscriptions les plus marquantes de notre époque, de Catherine Millet ("J’ai beaucoup de compassion pour les frotteurs") à Donald Trump ("Grab them by the pussy"), en passant par divers commentaires Facebook, des plus ordinaires ("Y a rien de mal à faire un petit compliment") aux plus percutants ("On peut pas s’occupé des femmes ki ont des vrais problème ??"). Il conclut la visite par le clou du spectacle : le célèbre Jocond, peint par Léonore de Vince, "joyau de malaisance […] dont le regard ne semble jamais quitter sa proie".

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Outre la vidéo diffusée sur Internet, des affiches seront déployées dans toute la cité, et des spots de 15 secondes diffusés sur les bornes des véhicules TL, afin de sensibiliser la population à ce problème, qui touche non seulement les femmes, mais aussi la communauté LGBTQ+. L’année dernière, la ville de Lausanne publiait les chiffres effarants d’une étude menée dans ses rues : 72 % des femmes âgées de 16 à 25 ans y disaient avoir subi du harcèlement au cours des douze mois précédents.

Face à l’ampleur du phénomène, la municipalité s’était engagée à présenter des mesures concrètes de prévention et de lutte : voici donc l’une d’elles. Elle est drôle, parfaitement maîtrisée, et frappe juste.

Par Emmanuelle Fournier-Lorentz, publié le 30/04/2018

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