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À quelques heures de Noël, la flambée des contaminations au Covid-19

Publié le

par Pauline Ferrari

FABRICE COFFRINI / AFP

Petit tour du monde des nouvelles restrictions mises en place

La flambée de nouvelles contaminations au Covid-19 s'accélère à travers le monde à la veille de Noël, notamment en Europe où le nouveau variant Omicron déferle. Le port du masque à l'extérieur est même redevenu obligatoire en Espagne et en Grèce.

Dans son message de Noël, le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté ses compatriotes à se faire vacciner, alors que le nombre de nouvelles contaminations a franchi les 100.000 jeudi pour le deuxième jour consécutif dans le pays. Pour Noël, "il y a toujours quelque chose de merveilleux que vous pouvez donner à votre famille et au pays tout entier... c'est de se faire vacciner, que ce soit votre premier, votre deuxième ou votre rappel", dit-il dans ce message qui sera diffusé vendredi.

En Espagne, le port du masque en extérieur redevient obligatoire à partir de vendredi. De plus, les autorités de Catalogne (nord-est) ont la possibilité depuis jeudi soir d'instaurer un couvre-feu de 1H à 6H du matin dans la majeure partie de la région.

En Grèce, le port du masque en intérieur comme en extérieur devient également obligatoire à partir de vendredi et jusqu'au 2 janvier. "Il y a beaucoup de mouvement pendant les fêtes de fin d'année, et de larges foules se rassemblent en extérieur", a justifié le ministre de la Santé, Thanos Plevris. En Italie, le masque chirurgical va également redevenir obligatoire à l'extérieur, a annoncé jeudi le gouvernement sans préciser à partir de quelle date.

Face au déferlement du variant Omicron, très contagieux, la lassitude se fait sentir à travers le monde. Comme chez cette Parisienne de 35 ans, Dominique, croisée près des Champs-Elysées : "Il y a une fatigue morale. Mais que peut-on y faire ? On en a marre. L'an dernier, on pensait en voir le bout, mais là on se dit que plein d'autres variants peuvent arriver"

Un exode massif pour les fêtes 

Aux Etats-Unis, 265.770 nouveaux cas ont été recensés jeudi et le variant Omicron est largement dominant parmi les nouvelles infections. Malgré cela, des millions d'Américains ont commencé à voyager pour les fêtes de fin d'année. Selon l'American Automobile Association, plus de 109 millions de personnes devaient quitter leur région par avion, train ou en voiture entre le 23 décembre et le 2 janvier, soit 34% de plus que l'an dernier.

Le président Joe Biden avait incité mardi ses compatriotes à ne "pas paniquer" et à fêter Noël avec leurs proches comme prévu, grâce aux vaccins et aux tests. Ces mouvements s'accompagnent d'un rythme de vaccination qui semble repartir à la hausse, notamment pour les doses de rappel dont 1,3 million ont été inoculées sur 24 heures selon les derniers chiffres rendus publics mercredi.

"Le meilleur cadeau que vous puissiez vous faire est une dose de rappel" qui protège "bien mieux" contre les formes graves de la maladie, a tweeté Cyrus Shahpar, responsable de la Maison Blanche pour les données sur le Covid-19.

Le vaccin devient obligatoire en Equateur 

L'Equateur a quant à lui rendu la vaccination obligatoire dès l'âge de cinq ans, une première mondiale.

Les bourses mondiales ont toutefois terminé en hausse jeudi, rassurées par de premières études en provenance d'Afrique du Sud, d'Ecosse et d'Angleterre qui montrent qu'Omicron semble entraîner moins d'hospitalisations que Delta. Tokyo était en légère hausse vendredi. "Omicron ressemble davantage à une perturbation de court terme des perspectives économiques qu'à un vent destructeur", a affirmé Edward Moya, analyste d'Oanda.

La communauté scientifique met toutefois en garde contre un effet d'optique. Car même s’il se confirme qu’Omicron est moins dangereux, il est beaucoup plus contagieux, y compris chez les gens vaccinés ou qui ont déjà eu le Covid.

Les conséquences pourraient donc être graves sur le plan collectif. Le nombre de cas, qui semble doubler tous les deux à trois jours, pourrait entraîner mécaniquement une hausse du nombre de patients hospitalisés –notamment les non vaccinés et les personnes dites fragiles (très âgées, ou immunodéprimées par exemple)— et submerger les systèmes de santé. Même considéré pour le moment comme moins mortel, le variant Omicron pourrait donc théoriquement entraîner un grand nombre de décès.

En France, un record absolu de contaminations à la veille de Noël

À la veille d'un réveillon de Noël en pleine cinquième vague épidémique, la France a enregistré jeudi un nouveau record absolu de contaminations au Covid, alors que la déferlante annoncée du variant Omicron commence à s'étendre sur le pays.

Les fêtes de fin d'année, attendues par les Français comme un répit bienvenu après presque deux années d'une pandémie qui a désorganisé vie sociale, personnelle et professionnelle, se dérouleront donc finalement sous cette nouvelle menace. Elle a déclenché une ruée sur les tests et inquiète au plus haut niveau pour le fonctionnement même du pays.

Pour la première fois depuis le début de l'épidémie en mars 2020, le seuil des 90.000 cas quotidiens a été franchi, avec 91.608 cas confirmés et une moyenne de plus de 61.000 cas sur les sept derniers jours. Le précédent record, 86.852 cas, remontait à début novembre 2020, au pic de la deuxième vague.

Dans l'espoir d'éviter de se contaminer avec Omicron, bien plus contagieux, le nombre de tests  réalisés la semaine dernière a également atteint un record, avec plus de 6,2 millions. 

Emmanuel Macron a d'ailleurs encouragé cette précaution, postant une vidéo sur TikTok, réseau très fréquenté par les jeunes, et un message sur Twitter: "Bonnes fêtes à tous! À ceux qui auront la joie de se retrouver en famille pour Noël: les gestes barrières, un test préventif pour rassurer, et en cas de symptôme, on s'isole, on alerte. À ceux mobilisés pour soigner, nous protéger: merci. Prenons soin les uns des autres"

L'opposition a critiqué la réaction de l'exécutif. Insoumis et écologistes ont dénoncé son "manque d'anticipation" ou son "imprévoyance" en raison de certaines pénuries d'autotests. La candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse, a quant à elle réclamé la gratuité des tests jusqu'au 10 janvier, ce que le gouvernement s'est refusé à instituer pour les autotests par exemple.

La cinquième vague enfle également dans les hôpitaux, qui soignent 16.060 patients Covid, dont 3.208 patients en soins critiques, contre 3.147 la veille. Le bilan depuis le début de l'épidémie approche désormais les 123.000 morts.

Une désorganisation du pays pour janvier ? 

Si la majorité des malades est toujours touchée par le variant Delta, scientifiques et gouvernement estiment qu'Omicron, déjà majoritaire en Ile-de-France, va rapidement gagner tout le territoire. "On dépassera très vraisemblablement les 100.000 contaminations par jour d'ici à la fin du mois", voire avant, a estimé le ministre de la Santé Olivier Véran. Il a toutefois relevé que là où Omicron "circule beaucoup, pour l'instant, il n'entraîne pas de vagues d'hospitalisations".

Ce qui n'empêche pas les spécialistes de s'inquiéter des répercussions potentielles. Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a ainsi mis en garde jeudi sur la "désorganisation possible d'un certain nombre de services essentiels" - éducation, transports, sécurité, santé... -  en janvier, à cause de "l'absentéisme" et des "arrêts de travail" dus au "très grand nombre de contaminations à Omicron".

Il pourrait en conséquence devenir nécessaire d'alléger les règles d'isolement afin de limiter cette désorganisation, s'il se confirme qu'Omicron entraîne moins de formes sévères du Covid. Olivier Véran a confirmé jeudi que de nouvelles modalités pourraient être décidées "en début de semaine" prochaine, soulignant que le gouvernement veillerait à "éviter tout phénomène de paralysie dans le pays".

Comme un avertissement, la SNCF a indiqué avoir déjà dû procéder à des annulations de trains régionaux en raison des "effets de cette 5e vague".

Et alors que le gouvernement mise toujours sur la vaccination, élargie depuis mercredi aux 5/11 ans, pour contenir la vague, des manifestants antipass sanitaire ont fait irruption jeudi dans l'hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe, brisant notamment le portail de l'institution et des vitres. Le pass sanitaire doit se transformer en pass vaccinal à partir du 15 janvier, selon le projet de loi consulté jeudi par l'AFP et qui sera présenté lundi en Conseil des ministres. 

La pandémie a fait au moins 5,3 millions de morts dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi. L'OMS estime que le bilan réel pourrait être deux à trois fois supérieur.

Konbini news avec AFP 

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