À Lyon, une expo lève le voile sur la dure réalité des prisons

L'exposition "Prison, au-delà des murs" nous immerge au cœur des centres pénitenciers.

"Comment exclure, tout en préparant le retour à la liberté ?" C’est à cette question que tente de répondre l’exposition "Prison, au-delà des murs", qui se tient en ce moment au musée des Confluences, à Lyon. Mêlant installations artistiques, objets et témoignages, elle fait le focus sur quatre facettes de l’univers carcéral : la punition, le détenu, l’humain et les actes de révolte qui se déroulent entre ces murs.

Des photos, une série d’objets (dont certains ont été fabriqués par des prisonniers, lors de leur détention) et autres œuvres d’artistes contemporain·e·s – parmi lesquel·le·s Mohamed Bourouissa, Jesse Krimes ou encore Marion Lachaise – mettent en lumière un quotidien bien particulier : celui de l’enfermement.

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© Grégoire Korganow

La détention en images

"Prison, au-delà des murs" explore les rapports de force qui se jouent derrière les barreaux et l’adaptation des prisonniers qui y purgent leur peine, entre transgressions et détournements des règles établies. En filigrane, cet événement artistique ouvre le débat sur la question de la réinsertion, ou comment anticiper le retour du détenu dans la société, tout en le privant de sa liberté.

La visite est rythmée par des images de photographes internationaux·les, ayant documenté différents aspects de la détention. On retrouve notamment le travail du photographe Grégoire Korganow, qui a pu s’immiscer à l’intérieur d’une vingtaine de prisons en France, de jour comme de nuit. Avec sa série Prisons, il s’attache à mettre en lumière "l’intimité de l’enfermement" qu’il a pu y observer.

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"Prison de Poggioreale", Naples, Italie, 2015. (© Valerio Bispuri)

Dans son projet Les Hurleurs, le photographe Mathieu Pernot se concentre quant à lui sur celles et ceux qui sont en liberté, mais qui communiquent avec leurs proches enfermé·e·s, de l’autre côté des murs. Enfin, l’Américain Robert Sturman nous montre un autre visage de l’incarcération avec des photos de séances de yoga entre les murs, issues de sa série Prison Yoga prenant place dans des centres pénitentiaires de Los Angeles et du Mexique. D’autres photographes sont également exposé·e·s, parmi lesquel·le·s Bre McGee, Valerio Bispuri ou encore Jürgen Chill et ses photos minimalistes de cellules vues d’en haut.

L’immersion par des jeux d’optique

Le musée des Confluences a également collaboré avec le Théâtre Nouvelle Génération du Centre dramatique national de Lyon pour proposer aux visiteur·se·s trois parcours immersifs sous forme de théâtres optiques, jouant avec la frontière entre le dedans et le dehors, grâce à la scénographie et à des apparitions virtuelles.

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"Lorsque le visiteur décroche le combiné d’un parloir ou entre dans l’espace clos, le théâtre optique fait apparaître virtuellement des personnages. En jouant avec leur caractère quasi holographique, le dispositif donne une représentation perceptible de cette communauté enfermée entre quatre murs, qui habituellement échappe à notre regard", explique Joris Mathieu, directeur du Théâtre Nouvelle Génération.

"Yoga à la prison d’État de San Quentin", San Quentin, États-Unis, 2014. (© Robert Sturman)

"Quartier d’isolement", France, 2012. (© Grégoire Korganow)

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"Quartier disciplinaire", France, 2011. (© Grégoire Korganow)

"Prison des Baumettes", Marseille, France. (© Grégoire Korganow)

"Les Hurleurs", France, 2001-2004. (© Mathieu Pernot)

"Intérieur de cellule", France, 2013. (© Grégoire Korganow)

"Grève de la faim", prison de Tacumbú, Paraguay, 2011. (© François Cardona)

"Cellules", Allemagne, 2008. (© Jürgen Chill)

L’exposition "Prison, au-delà des murs" est à découvrir au musée des Confluences à Lyon, jusqu’au 26 juillet 2020.

Par Pauline Allione, publié le 10/02/2020