À cause de son voile, une bonne sœur se voit refuser l'accès à une maison de retraite

Le curé de sa paroisse aurait dénoncé une "christianophobie".

Une bonne sœur de plus de 70 ans, qui porte un habit religieux et un voile depuis qu’elle est entrée dans les ordres, a vu l’obtention d’une place en maison de retraite conditionnée au retrait de son costume religieux.

En octobre 2018, la religieuse avait demandé une place dans une résidence pour personnes âgées gérée par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Vesoul (Haute-Saône), rapporte France Bleu. Son dossier étant sur liste d’attente, elle a été hébergée au presbytère de la ville à partir du mois de janvier 2019.

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Quelques mois plus tard, en juillet, elle reçoit un courrier lui annonçant que sa demande est acceptée et qu’elle sera contactée dès qu’une place sera disponible. Néanmoins, l’attribution du logement est conditionnée au retrait de son habit et de son voile religieux.

Le courrier précise en effet que "dans le respect de la laïcité tout signe ostentatoire d’appartenance à une communauté religieuse ne peut être accepté en vue d’assurer la sérénité de toutes et de tous".

Dans la newsletter du mois de novembre de la paroisse de Notre-Dame de la Motte, le père Florent Belin a dénoncé cette décision en la comparant au cas de la femme voilée prise à partie par Julien Odoul, élu du Rassemblement national (RN) au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre dernier.

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"La presse nous parle en ce moment d’une femme musulmane à qui on a demandé d’enlever son voile car elle était dans un espace public, tout le monde crie au scandale pour cette femme ! Notre religieuse, elle, a dû se résoudre à trouver un autre appartement ! […] Je ne pense pas que le voile d’une religieuse puisse nuire, car il n’est pas le signe d’une soumission mais d’une consécration !"

L’homme d’Église ajoute : "On nous rabâche les oreilles avec des principes de laïcité qui ne sont pas compris."

Interrogé par Konbini news, le directeur exécutif du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Jawad Bachare, revient également sur cette confusion. Il dénonce une vision de la laïcité  "complètement erronée" dans l’interprétation du principe de neutralité par le CCAS, et confie que dans un tel cas, "la laïcité devient un instrument contre toutes les religions".

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Selon lui, la loi sur la laïcité est très claire et seule son interprétation peut poser problème. Le CCIF, qui a rapidement réagi à cette affaire, dénonce le règlement "anti-laïc" de la maison de retraite et affirme tout son soutien à la religieuse.

Jawad Bachare, selon qui "tous ceux qui appartiennent à une religion sont susceptibles d’être discriminés", précise que "quand on combat l’islamophobie, on combat toutes les formes de discriminations et on se bat pour toutes les libertés".

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Par Lila Blumberg, publié le 19/11/2019

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