© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

7 ans de prison ferme requis contre Patrick Balkany, 4 avec sursis contre Isabelle Balkany

L'État leur réclame un million d'euros.

Le parquet national financier a requis jeudi une peine de sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt contre Patrick Balkany, assortie d’une inéligibilité d’une durée de dix ans. Quatre ans de prison avec sursis et 500 000 euros d’amende ont en outre été requis contre Isabelle Balkany, son épouse et première adjointe du maire LR de Levallois-Perret, pour blanchiment de fraude fiscale. Elle est soupçonnée d’avoir dissimulé plus de 13 millions d’euros d’actifs. Le parquet national financier a relevé que celle-ci avait "reconnu une faute", dans une lettre lue à l’audience par son avocat.

Plaidant juste avant le réquisitoire du parquet au procès Balkany, l’avocat de l’État avait pour sa part réclamé un total d’un million d’euros de dommages et intérêts aux édiles de Levallois-Perret, à leur fils et à deux autres prévenus poursuivis pour "blanchiment de fraude fiscale" dans ce dossier tentaculaire.

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L’État demande que ce million d’euros lui soit versé solidairement par cinq des six prévenus, poursuivis pour blanchiment de fraude fiscale à divers degrés : Patrick et Isabelle Balkany, leur fils Alexandre, leur éternel homme de confiance Jean-Pierre Aubry et l’avocat retraité Arnaud Claude.

Dans la foulée, les deux procureurs du parquet national financier ont donc débuté leur réquisitoire, devant une salle comble.

Dans un premier volet portant sur le seul délit de fraude fiscale, les représentants de l’accusation avaient requis mi-mai quatre ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Patrick Balkany, deux ans ferme contre son épouse Isabelle, et dix ans d’inéligibilité contre eux deux.

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Ce second réquisitoire se révèle donc plus lourd pour l’édile. L’accusation reproche au couple Balkany des années de dissimulation, d’un magot en Suisse à de somptueuses propriétés aux Antilles et au Maroc, masquées par un chapelet de sociétés offshore, avec un faible pour le savoir-faire panaméen.

Une grande partie de ces soupçons sont couverts par la prescription. Sur la seule période visée par les poursuites, 2007-2014, les Balkany sont poursuivis pour avoir dissimulé 13 millions d’euros d’avoirs.

La corruption "en horreur"

Jusqu’au bout, entre coups de sang et gouaille culottée, le baron des Hauts-de-Seine aura tout tenté pour n’apparaître que comme un "fraudeur passif" ayant la corruption en "horreur".

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Patrick Balkany, 70 ans, a affronté seul l’épreuve d’un procès public et hyper-médiatisé, en l’absence d’Isabelle, 71 ans, convalescente depuis une tentative de suicide début mai.

Ils ont expliqué les débuts de leur bonne fortune par des héritages familiaux : lingots d’or et avoirs légués par son père rescapé d’Auschwitz pour lui, "petit magot" familial suisse pour elle. En aucun cas, a-t-il répété, des fonds occultes destinés à financer le RPR dans les années 1980, comme l’ont soupçonné les juges.

"Patrick Balkany n’a pas rapporté la moindre preuve de l’existence d’un héritage caché de son père en Suisse", a observé l’avocat de l’État.

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Le couple a longtemps rejeté en bloc toutes les accusations. Tardivement, Isabelle Balkany avait reconnu posséder la villa Pamplemousse, achetée en 1997 à Saint-Martin.

En revanche, le couple a toujours nié posséder un riad à Marrakech. Contrairement à la villa Pamplemousse, pour laquelle les enquêteurs ont démêlé un entrelacs de sociétés écrans et retrouvé le nom des Balkany, un épais nuage entoure la transaction marocaine de 2010.

Le riad est la propriété d’une SCI marocaine, Dar Guycy, elle-même détenue à 99 % par Hayridge, une société panaméenne créée par une fiduciaire suisse et dont le bénéficiaire déclaré est Jean-Pierre Aubry, ancien bras droit de Patrick Balkany.

Quatre autres acteurs entrent alors en scène : M. Aubry, alors directeur général de la société d’aménagement de Levallois, et l’avocat Arnaud Claude sont jugés pour leur "rôle central" dans le complexe montage entourant l’acquisition du riad.

Le fils Balkany, Alexandre, est poursuivi pour avoir "couvert" ses parents en souscrivant des baux de location fictifs et le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber pour avoir payé le prix officiel du riad contre des délais avantageux dans un énorme contrat immobilier à Levallois.

L’avocat de l’État a longuement expliqué pourquoi cette villa est en réalité aux Balkany, listant sociétés offshore, devis, contrats, factures d’achats de meubles et le témoignage explosif d’un banquier suisse.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 13/06/2019

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