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30 millions d'amis dénonce un décret qui autorise la revente d'animaux à des laboratoires

Publié le

par Astrid Van Laer

© DanBrandenburg / Getty Images

Une modification de la législation jugée "inadmissible" par la fondation.

L'article suivant a été publié le 26 juin 2020 et modifié le 2 juillet 2020.

Pour 30 millions d’amis, c'était "la porte ouverte au pire". Dans un communiqué publié mercredi 24 juin et relayé par Konbini news, la Fondation attirait l’attention sur un décret mis en place par le gouvernement pendant le confinement et se désolait : "d’apparence faussement anodine, ce changement législatif correspond en fait à un terrible recul en matière de protection animale"

Le décret en question, pris le 17 mars 2020, modifie les conditions de dérogations. "Jusqu’à présent, les animaux utilisés dans des procédures expérimentales devaient 'avoir été élevés à cette fin et provenir d’éleveurs ou de fournisseurs agréés'", expliquait la Fondation, détaillant : "des dérogations n’étant possibles que 'lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet' (art. R. 214-90 du code rural), une condition désormais supprimée".

Cependant, comme le souligne l'AFP ce 2 juillet, la loi prévoit toujours que "les animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales" doivent "avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés"

Le décret paru le 17 mars modifie bien les conditions de dérogations : elles pouvaient être accordées par le ministère "sur la base d'éléments scientifiques lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet", l'argument scientifique est désormais le seul à être retenu. 

"Il y a sans doute eu un emballement"

"Il y a sans doute eu un emballement", estime aujourd'hui Loïc Dombreval, député LREM et ancien vétérinaire. "Il demeure absolument illégal et impossible de s'approvisionner chez un particulier", assure l'élu qui avait interpellé par écrit la ministre de la Recherche Frédérique Vidal à propos du décret. La ministre a de son côté dénoncé une "fausse information" le 30 juin à l'Assemblée. 

La semaine dernière, la présidente de la fondation, Reha Hutin, déplorait qu'avec ce décret, "le gouvernement nous impose un retour en arrière de plus de trente ans". Elle développait :"Ce décret montre le manque de volonté politique pour chercher des méthodes substitutives à l’expérimentation animale, préférant la solution de facilité : celle de gaspiller des vies !

Deux semaines plus tard, Reda Hutin a déclaré à l'AFP, plus mesurée : "Je ne dis pas que vous pouvez simplement aller avec votre chien en laisse dans un laboratoire". Dans un communiqué, elle a déclaré prendre "acte" des réponses du ministère. Toutefois "la formulation du décret est floue et peut prêter à différentes interprétations", souligne-t-elle, appelant à un "débat national" sur l'expérimentation animale.

D’après un sondage réalisé par la Fondation 30 millions d’amis en janvier dernier, près de 9 Français sur 10 sont favorables à l’interdiction totale de toute expérimentation animale. Elle rappelle son attachement au test "Valitox", dont elle prône le développement : cette méthode alternative permet de "déceler l’éventuelle toxicité aiguë d’une substance sans utiliser d’animaux".

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