Précarité : une personne sur cinq a des difficultés à faire trois repas par jour

Et ce n’est pas le seul enseignement de cette étude qui fait froid dans le dos.

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On savait déjà que les Français n’étaient pas à égalité en matière d’alimentation. De là à penser que 21 % d’entre eux ont des difficultés à faire trois repas par jour, il y a un monde. C’est pourtant l’un des enseignements majeurs de cette étude réalisée par Ipsos pour le Secours populaire et relayée par Le Parisien mardi 11 septembre.

Selon le baromètre 2018, une personne interrogée sur cinq admet avoir du mal à se procurer des aliments sains lui permettant de faire trois repas par jour. L’institut de sondage réalise cette étude annuelle depuis plus de dix ans pour le Secours populaire. En juin dernier, il a donc interrogé plus de 1 000 personnes âgées de 15 ans et plus, censées constituer un échantillon représentatif de la population française.

L’alimentation reste un marqueur social très fort pour les Français. 86 % des sondés estiment qu’éprouver d’importantes difficultés pour manger sain et équilibré représente un signe de pauvreté. 27 % d’entre eux disent rencontrer "un peu" voire "beaucoup" de difficultés à manger des fruits et légumes frais tous les jours. Payer la cantine des enfants est également problématique pour 19 % des sondés.

Les femmes plus vulnérables

On constate que toutes ces difficultés sont exacerbées chez les femmes. Là où 22 % des hommes affirment avoir du mal à consommer des fruits et légumes tous les jours, elles sont 31 % à faire face à ce problème.

En dessous de quel revenu mensuel est-on considéré comme pauvre ? Les personnes interrogées fixent cette limite à 1 118 euros par mois, soit à peine moins que le SMIC mensuel (1 173 euros). Selon cette étude, 6 sondés sur 10 ont déjà eu peur de sombrer dans une situation de précarité et ce malgré le fait que la situation financière d’une partie des Français semble s’être améliorée depuis l’année dernière. 48 % d’entre eux affirment réussir à mettre de l’argent de côté tous les mois, contre 40 % en 2017.

Globalement les Français ne ressentent pas l’amélioration de la situation. L’immense majorité des sondés (81 %) est convaincue que leurs enfants seront plus vulnérables qu’eux face à la pauvreté. Cette étude tombe à pic : Emmanuel Macron, dont la cote de popularité est au plus bas, doit présenter ce jeudi son plan pour lutter contre la pauvreté. Une chose est sûre : il a du pain sur la planche.

Par Clothilde Bru, publié le 11/09/2018