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Wings of the Ocean : plus d’une tonne de déchets récoltée dans les océans

En 3 mois à peine.

État des lieux d'urgence sur le plastique, tour d'horizon des alternatives et bonnes pratiques à adopter #leplastiquenonmerci par France Inter et Konbini

Depuis leur rencontre à bord d’un navire de l’ONG Sea Shepherd en 2016, Julien Wosnitza et Sébastien Fau ont retiré plus de 155 filets de pêche illégaux des océans. Ensemble, ils ont créé en juin 2018 l’association Wings of the Ocean, qui œuvre à la dépollution des océans à bord du Kraken, un ancien chalutier.

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Partant du terrible constat que "la mer devient le réservoir des matières plastiques et détritus en tous genres", dont la dégradation est extrêmement lente et l’impact dramatique, ils ont décidé d’agir. Depuis le début de la première opération, démarrée à Cherbourg en janvier dernier, l’équipage a récolté pas moins de 1 180 kg de déchets.

Il y a, d’une part, les déchets en tout genre, qui se désagrègent en mer et reviennent sur les côtes et d’autre part, les filets de pêche égarés, qui sont un véritable fléau. "Dans les eaux de Guadeloupe, sur les 40 000 filets de pêche posés, environ 20 000 sont perdus chaque année durant la saison des ouragans", alerte l’association.

Actuellement le navire se trouve à Madère et se dirige vers les Canaries et les Açores. Joint par téléphone, le cofondateur de Wings of the Ocean, Julien, nous en dit plus sur les techniques de dépollution utilisées :

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"On dépollue les plages un peu reculées, celles qui sont peu accessibles par la route, le tout à la main. On a aussi des moyens de récupérer le plastique en mer grâce à un chalut de surface. Ça fonctionne comme un chalut de pêche, qui dispose de gros boudins gonflés à l’air.

Il reste en surface et s’enfonce sur 90 centimètres dans l’eau. Quand on le tracte à très faible vitesse, on récupère tous les plastiques en surface."

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"On a pris un sacré paquet de mégots, c’est vraiment une plaie ces trucs-là"

Grâce à ces diverses techniques de dépollution, "en seulement trois semaines à Madère, on a récolté quasiment plus de 200 kg de déchets", explique-t-il, avant d’ironiser : "et paradoxalement, c’est une île qui est, pour le coup, très très propre". Les déchets récoltés sont multiples :

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"Ça va de la chaussure à la tong, sans oublier le bout de plastique non identifié, en passant par la bouteille et évidemment : les mégots… On en a pris un sacré paquet, c’est vraiment une plaie ces trucs-là. Mais on a vraiment de tout."

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En parallèle, le Kraken effectue des missions scientifiques, grâce au laboratoire qui se trouve à son bord. "On fait de l’observation de mammifères marins pour définir les routes migratoires", explique Julien, avant de poursuivre : "mais on fait aussi de l’échantillonnage de planctons. Sur la cinquantaine d’échantillonnages qu’on a faits depuis le début, on n’a pas trouvé un seul échantillon sans microplastiques. Pas un seul."

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Mais ces navigateurs ne veulent pas s’arrêter là. "On sait qu’un bateau ne va pas changer la face du monde", concède Julien. Les membres de Wings of Ocean ont donc un nouveau projet, qu’il détaille ainsi :

"On sait que 90 % du plastique qui est déversé dans les océans par les fleuves provient de seulement dix fleuves : le Nil, le Niger et huit autres situés en Asie. L’idée est de faire de la dépollution en tractant des chaluts de surface à l’embouchure de ces fleuves-là, de manière à couper le robinet à la source. Tu empêches directement le plastique d’aller dans les océans à ces endroits-là spécifiquement."

En attendant de mettre ce projet en œuvre, l’équipage poursuit son trajet jusqu’en juin prochain, et espère alerter les consciences sur le fléau de la pollution marine.

Par Astrid Van Laer, publié le 26/03/2019

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