Vidéo : "j'ai été agressée par des chasseurs sur mon terrain"

"Je me suis dit qu'ils n'allaient pas en rester là et qu'ils allaient revenir."

Nathalia est propriétaire d’un terrain familial dans le sud de la France. Celui-ci est classé "refuge biodiversité" et "LPO" (Ligue pour la Protection des Oiseaux), c’est-à-dire que la chasse y est interdite, depuis l’année dernière. Elle vivait dans ce qu’elle qualifie de "petit paradis" depuis quelques années avec son compagnon, mais aussi leurs chevaux, chats, chiens, et leurs poules sauvées de l’abattage.

La jeune femme parle de relations avec les chasseurs de la région qui étaient autrefois plutôt respectueuses. Elle évoque même "un accord tacite avec les anciennes générations de chasseurs" : "on mettait des panneaux pour leur laisser l’accès à la rivière, à condition que ce soit dans le respect mutuel". Mais depuis quelques années, la situation s’était tendue, certains chasseurs se permettant de "passer dans les clôtures et tirent dans les enclos", ce qui terrorisait ses chevaux.

Publicité

Jusqu’en novembre 2019, où Nathalia est réveillée par des coups de fusil, à seulement quelques mètres de son habitation. Elle tente d’expliquer aux chasseurs qu’ils n’ont pas le droit de tirer sur sa propriété privée, mais la situation s’envenime et dégénère rapidement : les deux hommes deviennent menaçants. Elle décide alors, sur les conseils du garde-chasse de sa commune, de filmer la scène afin d’avoir des preuves pour porter plainte.

Un dépôt de plainte qui ne sera pas sans conséquences puisqu’une dizaine de jours plus tard, un homme armé est venu les terroriser en pleine nuit, ce qu’elle prend pour des représailles. C’est là que tout s’enchaîne : en 48 heures, Nathalia, son compagnon et tous leurs animaux quittent leur domicile et sont éparpillés dans la région.

La jeune femme est traumatisée et doit être suivie psychologiquement. Son époux, ayant dû changer de département, a été contraint de quitter son emploi et le couple a perdu toutes ses sources de revenus en peu de temps.

Publicité

Une audience est prévue le 7 mai concernant l’agression en pleine nuit – mais devrait toutefois être décalée en raison du confinement strict actuellement à l’œuvre en France. Une cagnotte a été mise en place par la mère de la jeune femme pour payer les frais d’avocat du couple, qui ne sont pas très élevés car, Nathalia tient à le préciser, le couple est tombé sur une personne "plus que compréhensive de leur situation".

Par Astrid Van Laer, publié le 30/04/2020