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Vaucluse : la chasse au sanglier autorisée, mais seulement à l’arc et aux flèches

La préfecture du département vient d’autoriser cette pratique, provoquant l'indignation des associations de défense des animaux.

La préfec­ture du Vaucluse vient d’an­non­cer qu’elle auto­ri­sait la chasse au sanglier jusqu’en février 2020, à condition de n’utiliser que des arcs et des flèches, relate France 3 Côte d’Azur. La raison est qu’en zone urbaine et résidentielle il est impossible de tirer à la carabine – même la nuit, lorsque les sangliers cherchent à se nourrir. 

Cette mesure vise à réguler leur population et à limiter les dégâts et les ac­ci­dents qu’ils causent quoti­dien­ne­ment dans le département. Mais si le tir à l’arc est, comme le souligne Chris­tian Rocci, délé­gué à la protec­tion animale pour la ville d’Avi­gnon, moins bruyant que le tir à la carabine, il n’est en revanche pas moins "cruel", selon Senti­nelles-Éthique Animale (SEA).

"Une lente agonie"

En effet, selon cette association de défense des animaux, la chasse à l’arc inflige "une lente agonie" aux bêtes. Elle a déjà lancé, avec la SPA du Vaucluse, une pétition ayant recueilli plus de 4 500 signatures et demandant à la préfecture et à la ville d’Avignon de "stopper immédiatement cette régulation cruelle"

De leur côté, les autorités assurent que la chasse à l’arc est une technique très encadrée. Les chasseurs font notamment appel à des chiens spécifiquement entraînés à tracer l’odeur d’un animal blessé – les "chiens de sang" ou "chiens de rouge" – afin de localiser rapidement le sanglier touché et d’abréger ses souffrances.

"Une question de collision routière et de sécurité"

"Outre le procédé d’une grande cruauté, on peut s’interroger sur la période choisie, juste après la naissance des marcassins", insiste SEA. Certains de ces marcassins seraient écrasés, ou bien "[erreraient] terrorisés et [mourraient] à petit feu, faute de nourriture et de soins maternel". Mais cette saison est aussi bientôt celle des pommes, qui vont attirer encore plus de sangliers à proximité des habitations et des routes.  

"Il faut faire preuve de bon sens, c’est une question de collision routière et de sécurité. Les sangliers sont très nombreux sur le réseau routier, comme par exemple sur le rond-point de Réalpanier", explique Christel Savelli, directrice de la Fédération des chasseurs du Vaucluse. Selon elle, le point d’équilibre des prélèvements de sangliers dans le département est de 6 000 individus chaque année.

Par Konbini News, publié le 16/08/2019

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