Une image impressionnante montre un trou noir crachant des jets de plasma

Des scientifiques de l'université de Boston ont réussi à figer en détail un trou noir en pleine activité.

Jamais une image aussi détaillée d’un trou noir en pleine activité n’avait été prise avant. C’est un succès que les scientifiques du programme "Blazar" de l’université de Boston ont fêté en ce début de mois d’avril. Le télescope Event Horizon est l’auteur du cliché impressionnant d’un trou noir situé à cinq milliards d’années-lumière de notre Terre, dans la constellation de la Vierge. Rappelons que la première image nette d’un trou noir a été prise par l’ingénieure Katie Bouman, en avril 2019.

Cette récente photo dépeint un jet puissant de plasma, craché par le trou noir. La "goutte" à droite de la photo est en réalité un "disque d’accrétion" (composé de gaz et de poussières) tourbillonnant autour de l’objet céleste mystérieux. Le jet de plasma peut se voir dans les traits rouges moins intenses qui émanent de ce disque.

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© Boston University Blazar Program

Ce jet appartient à une structure appelée "blazar". Cette dernière se forme à partir de quasars qui créent des champs magnétiques forts lorsqu’ils tournent, ce qui provoque deux jets de plasma – l’un est d’ailleurs pointé vers notre planète. Les quasars sont "des trous noirs supermassifs qui aspirent activement la matière", rapporte le Guardian.

"Une grande partie de cette matière [autour du trou noir] est destinée à traverser l’horizon des événements [la limite d’un trou noir, ndlr] et à ne jamais revenir, mais une partie peut jaillir le long de ces puissantes lignes de champ magnétique qui entourent le trou noir et c’est comme ça que se forment les jets. Les trous noirs n’engloutissent pas seulement beaucoup de matière, mais ils en crachent aussi beaucoup, car ils sont très magnétisés et tournent si rapidement.

C’est la première fois que nous voyons vraiment la connexion du jet avec le trou noir et le disque d’accrétion [de gaz et de poussière]. […] Normalement, nous ne devrions pas être en mesure de voir quoi que ce soit, parce que la lumière serait trop rouge au moment où elle nous parviendrait. Mais grâce au fait que ce jet se dirige vers nous, tout ce rayonnement est amplifié et il semble beaucoup plus lumineux qu’il ne l’est vraiment. Nous sommes donc en mesure de le détecter", a déclaré Ziri Younsi de l’University College London, coauteur de l’étude.

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Si cette image représente une avancée conséquente pour la science, des questions demeurent. Les scientifiques continuent d’étudier la matière exacte qui constitue ce plasma, pourquoi les jets semblent se déplacer 15 à 20 fois plus vite que la vitesse de la lumière et comment ces derniers parviennent à fusionner avec le trou noir.

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 14/04/2020